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Blocages, affrontements : la mobilisation des lycéens se tend en Moselle

Ce jeudi 1er octobre est marqué par une nouvelle journée de mobilisation des lycéens, au niveau national 356 établissements ont été perturbés par des blocages voire des heurts avec la police, c’était 338 hier mardi. 300 jeunes se sont rassemblés à Saint-Avold mais aussi à Metz. Plusieurs interpellations ont eu lieu et un policier a été blessé à Saint-Avold. 

Deuxième jour de heurts à Saint-Avold

Plusieurs centaines d’élèves des établissements Sainte Chrétienne, Poncelet et du lycée Charles Jully se sont rassemblés dans les rues de la commune. Ils étaient 150 à 8 heures et 350 une demi-heure plus tard. Des jets de mortier ont été constatés, les 40 à 60 policiers dépêchés sur place ont utilisé du gaz lacrymogène. 

Les lycéens que nous avons rencontrés l’affirment, ils ne souhaitaient pas en arriver à de la casse ou de la violence mais comme Lina du lycée Charles Jully le déclare : “sans ça personne ne nous écoute”. Eux déplorent l’état de leurs établissements. Lina renchérit

“la dernière fois pendant un contrôle, des bestioles nous sont tombées dessus, ce n’est pas normal ! En filière générale, on va parfois faire cours dans des ateliers des filières professionnelles, par manque de place.”

D’autres s’insurgent devant leur emploi du temps “on commence à 8h, puis on a 5h de trou parce que les professeurs absents ne sont pas remplacés” affirme Jade. Si la majorité de ces jeunes mineurs ne se connaissaient pas, ils souhaitent tous que les choses changent pour leur permettre de mieux étudier. 

Du côté des forces de l’ordre déjà éprouvées par l’actualité riche de ces derniers jours (la venue du pape à Metz notamment), les mâchoires restent crispées. Ce matin, des arrêts de bus, des vitres, des poubelles ont été renversées et cassées. Un jeune de 14 ans a été interpellé et le chef de service de police de Saint-Avold blessé et conduit à l’hôpital. Pour Sébastien Grandjean du syndicat Alliance Police Nationale 57 la violence ne va pas s’arrêter là : “ça risque de s’amplifier mais nous continuerons d’assurer la sécurité des lycéens, des enseignants, des biens, des bâtiments et de la population.” 

Le maire de Saint-Avold fait état de 50 000 euros de dégradations

Selon le maire de Saint-Avold (RN) Hervé Simon, il y a 50 000 euros de dégradations dans la ville qui seront à régler, notamment des « destructions d’abribus et dégradations de mobilier urbain ».

« Ce n’est pas au contribuable naborien de payer (…) certains vont devoir rendre des comptes ».

La ville suspendra « les aides municipales accordées aux familles des mineurs reconnus responsables de dégradations ». Les familles et mineurs seront aussi convoqués par le maire et des plaintes seront déposées.

Franck Leroy président de la région Grand Est regrette de son côté les différentes dégradations survenues dans une cinquantaine d’établissements et la région. “Les revendications sont difficiles à cerner et varient selon les établissements et les besoins des lycéens. Ce sont des soucis de transports, des inquiétudes quant à ParcourSup, etc.

Il y a une différence de niveau entre des revendications qui sont bien souvent matérielles : journées surchargées, problèmes de transport et ce phénomène qui a une telle intensité de violence.”

Le président de région assure que des plaintes seront déposées pour toutes dégradations et “on ira chercher réparation au centime près.” Selon lui, la majeur partie des casses ne sont pas faites par les lycéens eux-même mais des personnes extérieures. 

25 personnes placées en garde à vue à Metz 

C’est le constat également de plusieurs lycéens à Metz.

“Ceux qui brûlent les poubelles et font n’importe quoi ne défendent pas nos revendications”

déplore ce lycéen, et son camarade ajoute : “ça va juste aggraver la situation, c’est nous qui allons payer les dégâts”.

A Metz, le tribunal judiciaire a fait un premier bilan à 17h des interpellations dans le cadre la mobilisation des lycéens. 25 personnes ont été placées en garde à vue, dont 22 mineurs et 3 majeurs. 13 ont été interpellés pour des faits de violence sur personnes dépositaires de l’autorité publique, 9 pour participation à un groupement en vue de commettre des violences ou à un attroupement armé et  3 pour des dégradations. 

De nouveaux blocages sont annoncés dès demain et l’Union syndicale lycéenne a appelé à une journée d’action nationale le 6 octobre.

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