À l’occasion de la Journée nationale des aidants, organisée le 6 octobre à Metz, Céline Geoffroy, responsable de la plateforme d’accompagnement et de répit des aidants de Moselle, était l’invitée de Moselle Info. Elle revient sur ces proches qui accompagnent au quotidien une personne âgée en perte d’autonomie ou en situation de handicap, parfois sans même se considérer comme aidants. Soutien psychologique, solutions de répit, activités et orientation : les dispositifs existent, mais restent encore méconnus.
Beaucoup de personnes accompagnent un proche sans se reconnaître comme aidants. Pourquoi est-ce si difficile d’endosser ce rôle ?
Céline Geoffroy, responsable plateforme répit 57 : « Je pense que les aidants ont beaucoup de culpabilité et d’honneur à accompagner leurs proches. Par exemple, un parent qui a à charge un enfant en situation de handicap se considère d’abord comme un parent. Pourtant, s’il arrête de travailler pour pouvoir s’occuper de son enfant, il est bien aidant à part entière. »
À partir de quand devient-on aidant ?
« Il n’y a pas de définition précise. On est aidant à partir du moment où l’on passe une partie de son temps, quelques heures dans la semaine ou parfois à temps plein, à accompagner un proche. Cela peut être une personne en perte d’autonomie, un senior atteint d’une maladie neurodégénérative comme Alzheimer, ou encore un enfant en situation de handicap. »
Prévenir l’épuisement et offrir du répit
Quel est le rôle de la plateforme d’accompagnement et de répit des aidants de Moselle ?
« Les plateformes de répit sont là pour prévenir l’épuisement des aidants. Nous proposons différentes prestations : des solutions de répit à domicile, du soutien psychologique, mais aussi des activités et des sorties. »
Concrètement, comment fonctionne le répit à domicile ?
« Nous travaillons avec des professionnels formés qui peuvent intervenir au domicile d’un aidant et rester avec son proche pendant quelques heures. Pendant ce temps, l’aidant peut aller souffler à l’extérieur : boire un café chez une voisine, faire des courses, aller à la piscine ou participer à une activité proposée par la plateforme. Le but est vraiment de lui donner quelques heures de répit. »
De quoi les aidants ont-ils le plus besoin lorsqu’ils vous contactent ?
« Bien souvent, ils sont perdus parce que c’est un nouveau statut qui leur tombe dessus. Certaines maladies, comme Alzheimer, peuvent arriver assez rapidement et sans prévenir. Ils ont d’abord besoin d’écoute et de soutien, mais aussi d’être orientés vers les dispositifs et les associations qui existent sur le territoire.
C’est vraiment du service à la carte. Un aidant pourra avoir besoin d’un soutien psychologique parce qu’il a du mal à accepter ce nouveau rôle et à appréhender l’avenir avec son proche. Un autre aura plutôt besoin de souffler, de pratiquer une activité physique ou de rencontrer d’autres personnes. On peut aussi leur conseiller de participer au café des aidants, où ils peuvent échanger entre eux, se sentir moins seuls et partager des conseils et des outils. Ces cafés sont notamment animés par une psychologue. »
« Il y en a énormément et de plus en plus »
A-t-on une idée du nombre d’aidants en Moselle ?
« Il y en a énormément et de plus en plus. Sur la plateforme Répit 57, nous avons entre une et deux personnes par jour qui nous appellent ou nous envoient un mail pour solliciter de l’aide. Nous accompagnons environ une trentaine de nouvelles personnes chaque mois. »
Vous organisez la Journée nationale des aidants le 6 octobre à Metz. Quel est l’objectif de cette journée ?
« L’objectif est tout d’abord de mettre les aidants en lumière et surtout de pouvoir leur apporter des solutions. Cette journée leur est dédiée. Il y aura tout au long de la journée un forum réunissant une trentaine de professionnels qui œuvrent auprès des aidants, du monde associatif aux dispositifs innovants, en passant par le pôle autonomie. »
« Il y aura également une conférence l’après-midi, animée par Marina Al Rubaee, formatrice et autrice qui travaille à l’Association française des aidants et qui a écrit des ouvrages à destination des aidants. Nous proposerons aussi un repas aux aidants le midi. L’idée est de partager, d’échanger avec eux et surtout de leur apporter des solutions. »
Existe-t-il d’autres rendez-vous au cours de l’année ?
« Il y a beaucoup de journées de sensibilisation et de rendez-vous dédiés aux aidants, organisés par les associations qui œuvrent sur le territoire mosellan. France Alzheimer, par exemple, accompagne les aidants et propose des formations. Il y a aussi France Parkinson, APF France pour le champ du handicap, ainsi que des dispositifs innovants. Il y a vraiment beaucoup d’acteurs qui œuvrent pour la cause des aidants.
L’objectif est de renforcer le maillage entre nous. Peu importe la porte d’entrée que l’aidant va choisir, le tout est de pouvoir se retrouver. Chacun a ses limites d’intervention, mais nous pouvons travailler ensemble pour accompagner l’aidant du mieux possible, que ce soit sur le volet administratif, psychologique ou dans son quotidien. »
Si un téléspectateur se reconnaît dans ce rôle, vers qui peut-il se tourner ?
« La plateforme de répit de la Moselle est joignable au 03 87 38 93 87. Nous pouvons donner des informations et guider l’aidant selon ses besoins. »
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