Près de 1 500 manifestants mobilisés à Metz suite à un appel national à la mobilisation. Une mobilisation qui survient 2 jours avant la présentation du budget 2027 par le gouvernement.
C’est conjointement que les 8 principales organisations syndicales en France ont appelé à la grève. Alors à Metz, les manifestants se sont retrouvés vers 14h à la gare avant de s’élancer direction la place de la Comédie.
La principale grogne se porte sur le gel du point d’indice souhaité par le gouvernement.
Le point d’indice permet de calculer le salaire brut des agents. L’autre facteur de calcul est l’indice majoré, c’est ce qui est propre à chaque agent qui est défini par son ancienneté ou encore sa situation familiale. En multipliant le point d’indice avec l’indice majoré, cela permet d’obtenir le salaire brut d’un agent.
Le point d’indice est donc décidé par le gouvernement, de fait quand il augmente, les salaires montent, et quand il est gelé il ne bouge pas. La dernière hausse remonte à 2023, sa valeur mensuelle s’élève à 4,92 €.
Le premier ministre Sébastien Lecornu l’a affirmé, il ne compte pas revaloriser le point d’indice, un gel maintenu qui entraînerait une perte de pouvoir d’achat de l’ordre de 20% selon certains syndicats.
Un nouveau gel à l’heure où le gouvernement souhaite faire des économies.
Le budget 2027 sera présenté par le gouvernement ce jeudi 1er octobre. Le premier ministre Sébastien Lecornu a demandé 54 milliards d’euros d’économie pour l’année prochaine. Les premiers à se sentir lésés et ciblés par ces économies ce sont bien les agents de la fonction publique.
“Dans les entreprises privées il y a des négociations annuelles tous les ans, chez nous le point d’indice est simplement annoncé dans le cadre du budget”
affirme Matthieu Risse, secrétaire général adjoint de FO Moselle.

L’intersyndicale écrit même que « sur les 30 dernières années, le nombre global de candidats inscrits aux concours de la fonction publique a été divisé par quatre et 11 % des postes mis au concours ne trouvent pas preneurs « .
Une crise des vocations notamment dans l’enseignement.
Selon Matthieu Risse, secrétaire général adjoint FO Moselle, l’an dernier il y aurait eu plus de 30 démissions au sein de l’académie. Pour Corentin Felten-Philippe, professeur d’histoire géographie à Thionville c’est à la limite “de la maltraitance”,
“on n’a pas les moyens, c’est du gardiennage ! On est pris pour des bénévoles.”
Morgane est aussi dépitée, pour cette professeur d’anglais, fille d’enseignant “quand on compare nos salaires avec la même ancienneté ça n’a rien à voir.” Cette tension se ressent jusque dans les établissements, à Fameck notamment le lycée St Exupéry était bloqué ce mardi, près de 250 élèves se sont mobilisés contre l’absence de professeurs et pour plus de moyens.
Selon l’académie, 11,59 % des enseignants en collèges ont participé à la mobilisation, c’est 6,22% dans les lycées d’enseignement général et technologique.
150 pompiers mosellans ont manifesté à Paris.
Ils ont rejoint la mobilisation nationale. Une mobilisation d’ampleur pour Jean-Philippe Parella, délégué syndical CGT pour le SDIS Moselle. Après un été caniculaire et de nombreux feux de forêt, la profession ne souhaite plus se taire. Et demande une augmentation des budgets des SDIS, puisque selon le représentant syndical “nous n’arrivons plus à remplir nos missions quotidiennes » et il ajoute :
« Il faudrait 1 sapeur pompier professionnel pour 1 000 habitants, en Moselle nous sommes un peu plus de 750 pour un peu plus d’un million d’habitants. Je vous laisse faire le calcul” .
Le gouvernement a annoncé aux syndicats de pompier que 200 millions allaient être débloqués pour les SDIS, une « goutte d’eau » selon Jean-Philippe Parrella puisque 2 millions « seulement » seront alloués pour chaque SDIS.
L’intersyndicale demande une revalorisation immédiate des salaires de 10% et le blocage des prix de l’énergie.
Retrouvez la chronique société dans l’édition du 29 septembre.


