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« L’école a un rôle essentiel pour repérer les violences faites aux enfants »

La rentrée scolaire s’est déroulée sans fermeture de classe de dernière minute en Moselle, mais les inquiétudes restent nombreuses. Invitée de Moselle Info, Magalie Leclair, secrétaire régionale adjointe académique de l’UNSA Éducation, revient sur le manque d’AESH, les difficultés de recrutement, la protection des enfants face aux violences et les moyens alloués aux écoles.

Alors que le Parlement examine une nouvelle loi contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants, quel rôle l’école peut-elle jouer pour repérer les situations de violence et protéger les élèves ?

Magalie Leclair, secrétaire régionale adjointe académique de l’UNSA Éducation : « L’école a un rôle essentiel, notamment grâce au programme EVAR, qui permet aux enfants de parler et d’exprimer d’éventuelles souffrances. Les élèves passent une grande partie de leur temps à l’école, il est donc indispensable qu’ils s’y sentent en confiance.

Mais pour cela, il faut des personnels formés. Les enseignants peuvent être confrontés à des situations de violence, mais nous ne sommes pas toujours en capacité de les repérer ou d’accompagner les enfants comme nous le souhaiterions. Nous demandons donc davantage de formation, ainsi que des infirmières scolaires, des psychologues et des assistants sociaux en nombre suffisant. »

En quoi consiste le programme EVAR ?

« À l’école primaire, il s’agit de plusieurs séances consacrées au respect du corps, au consentement et aux limites de chacun. Par exemple, on apprend aux plus petits qu’ils ne doivent pas faire un bisou à un camarade sans lui demander son accord. Cela peut paraître anodin, mais c’est une première étape pour comprendre que chacun est libre de disposer de son corps. C’est d’autant plus important que les violences envers les enfants surviennent souvent dans le cercle familial ou proche. Les jeunes enfants doivent apprendre qu’il existe des gestes qui ne sont pas normaux et qu’ils ont le droit de dire non. »

Quels comportements doivent alerter les enseignants ?

« Avec l’expérience, on apprend à repérer certains signes : des blessures, des brûlures, des coups, mais aussi des changements de comportement. Un enfant qui était joyeux et devient renfermé, qui se cache ou qui se montre prostré peut nous alerter. Mais certains enfants vivent ces violences depuis toujours et il est alors très difficile de détecter ce qui est anormal. C’est pourquoi nous avons besoin de personnels spécialisés pour nous accompagner. »

Une rentrée sans fermeture de classe en Moselle

Les premiers effectifs correspondent-ils aux prévisions ?

« Quelques écoles ont enregistré des effectifs un peu inférieurs à ceux attendus, mais grâce à un dialogue de confiance avec la Direction académique en Moselle, il n’y a finalement eu aucune fermeture de classe à la rentrée. Il y avait pourtant eu 45 fermetures annoncées auparavant. En septembre, il y a eu six ouvertures de classe et aucune fermeture supplémentaire. »

Les établissements disposent-ils de tous leurs personnels ?

« Les recrutements d’enseignants ont été très tardifs. Aujourd’hui, la situation semble globalement correcte, même si nous n’avons pas encore un retour complet de tous les établissements. En revanche, le manque d’AESH est vraiment le problème le plus préoccupant. C’est une difficulté nationale, mais aussi très marquée dans notre académie et en Moselle. »

Pourquoi est-ce si préoccupant ?

« J’ai eu un retour du secteur de Sierck-lès-Bains, où 19 élèves devaient bénéficier d’un accompagnement individuel. À la rentrée, seuls trois AESH étaient présents. Ces enfants ont besoin d’être accompagnés immédiatement. Certains sont en dispositif ULIS et ne peuvent pas s’épanouir sans cet accompagnement. »

« Un métier très précaire »

Pourquoi est-il si difficile de recruter des AESH ?

« C’est un métier difficile, fatigant et très précaire. Beaucoup travaillent 24 heures par semaine et sont rémunérés au SMIC horaire sur cette durée. À proximité du Luxembourg, le problème est encore plus marqué, car les salaires y sont beaucoup plus attractifs. Nous demandons que les AESH obtiennent un véritable statut de fonctionnaire de catégorie B, avec une meilleure formation et une réelle reconnaissance de leur métier. »

Les salaires expliquent-ils les difficultés de recrutement en Moselle ?

« Oui, notamment dans le second degré pour les enseignants contractuels, mais aussi pour les psychologues scolaires et les infirmières scolaires. Le Luxembourg attire beaucoup de professionnels. Quant aux promesses de revalorisation salariale, elles fleurissent à l’approche de la présidentielle, mais nous avons besoin de mesures concrètes maintenant. C’est pour cela que nous serons mobilisés avec les autres fonctionnaires le 29 septembre. Nous voulons faire vivre l’école publique dans de bonnes conditions, avec des moyens tangibles. »

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Jean MILON
Jean MILON
Rédacteur en chef adjoint de MoselleTV. Présentateur de MoselleInfo.

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