À l’approche de la visite du pape en Moselle le lundi 28 septembre prochain, l’évêque de Metz s’est confié aux différents médias locaux. Il revient sur la portée de cet événement exceptionnel pour le territoire, les valeurs qu’il symbolise et les défis de son organisation.
Que représente pour vous l’annonce de la venue du pape en Moselle ?
Mgr Philippe Ballot, 104ème évêque de Metz : « C’est à la fois une immense fierté et une grande joie de voir notre département et notre ville de Metz ainsi mis à l’honneur. Notre territoire témoigne d’un passage de la confrontation, de la guerre et de la haine vers la fraternité, le dialogue et la concorde. La Moselle est aussi un territoire profondément tourné vers l’Europe, marqué par la figure de Robert Schuman. Son histoire fait pleinement écho au thème choisi par le Saint-Père : « Pour que le monde ait la vie ». Nous sommes porteurs, nous aussi, de ce message de vie. »
Pourquoi ce thème dépasse-t-il le seul cadre de l’Église catholique ?
« Il concerne tout le monde. En Moselle, nous avons l’habitude de travailler ensemble. Le Concordat favorise cette culture du dialogue entre les différentes sensibilités religieuses. Aujourd’hui, ce ne sont pas seulement les catholiques qui se réjouissent. Les Mosellans, les Messins, croyants ou non, ont le sentiment que cette visite les honore. Depuis son annonce, je ne cesse d’entendre des témoignages de joie. On en parle dans les familles, dans les cafés, dans la rue. »
Un défi collectif pour accueillir le Saint-Père
L’organisation d’une telle visite représente-t-elle une pression particulière pour vous et le diocèse ?
« Naturellement, il y a une responsabilité importante. Ce n’est pas un visiteur ordinaire. Ce n’est pas le voisin qui tape à la porte. Mais je suis frappé par la qualité du travail collectif. Les services de l’État, la préfecture, la Ville de Metz, l’Eurométropole, le Département, la Conférence des évêques de France et le Vatican travaillent ensemble dans un dialogue permanent. Notre rôle est d’être à l’écoute, de faire des propositions et d’accompagner ce que souhaite transmettre le pape. Il vient nous soutenir, nous encourager et aussi nous écouter. »
Quel est précisément votre rôle dans cette préparation ?
« Nous sommes dans un échange permanent avec le Vatican et avec les évêques de France. Il s’agit de comprendre les attentes du Saint-Père, de faire remonter nos propositions et d’organiser au mieux cette journée qui se déroulera ici, à Metz. Plus nous dialoguons, plus nous avançons ensemble. C’est un véritable enrichissement. »
Un héritage autour de la paix et de la réconciliation
Quels effets cette visite produit-elle déjà sur le territoire ? Quelles répercussions observez-vous ?
« Nous constatons déjà un intérêt grandissant. Dès que l’éventualité d’une visite du pape a été évoquée, la Maison Robert Schuman a vu sa fréquentation augmenter. Il suffit d’annoncer la présence du pape pour susciter une curiosité et une attirance. Cela montre la force de son message. »
On peut faire le parallèle avec les Jeux Olympiques et le travail post-événement qui a été réalisé. Quel héritage espérez-vous après cette visite ?
« Nous le découvrirons à travers les paroles du Saint-Père. Mais je pense déjà à tout le travail mené avec les diocèses frontaliers, au Luxembourg, à Trèves, à Spire, à Namur ou encore à Liège. Ensemble, nous réfléchissons à la paix et à la réconciliation. Récemment, des jeunes Libanais sont venus découvrir l’histoire de la Moselle et la figure de Robert Schuman. Ils sont repartis profondément touchés en disant qu’ils avaient retrouvé de l’espérance en voyant qu’ici d’anciens ennemis étaient devenus des amis. Ce sont ces petits signes qui montrent que la réconciliation reste toujours possible. »
Pour conclure, une question plus personnelle… Si vous aviez quelques minutes seul avec le pape, que lui diriez-vous ?
« Je lui dirais d’abord merci. Je l’assurerais de mes prières et de mon amitié. Je le remercierais de nous rappeler que tout démarre dans le cœur des personnes, là où prennent naissance nos attitudes les plus profondes. Je lui dirais aussi que je ferai tout mon possible pour que, dans le monde de l’éducation, notamment dans nos établissements catholiques, nous aidions les jeunes à développer cette dimension du cœur. »
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