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« La sûreté reste notre priorité » : le nouveau directeur de la centrale de Cattenom dresse sa feuille de route

Nommé à la tête de la centrale nucléaire de Cattenom il y a un mois, Nicolas Bachelet, invité de Moselle Info, présente une feuille de route dense : préparer les visites décennales des réacteurs, renforcer la sûreté et poursuivre l’ancrage territorial du site. Arrivé en Moselle il y a cinq ans, cet ingénieur du nucléaire veut inscrire son mandat dans la continuité de son prédécesseur Jérôme Le Saint, tout en accompagnant les grands défis industriels et humains de la centrale.

Avant de prendre la direction de Cattenom, quel a été votre parcours dans le nucléaire ?

Nicolas Bachelet : « Je suis tombé dans l’industrie nucléaire dès la sortie de mon école d’ingénieur. J’ai commencé sur la centrale de Saint-Alban, dans la vallée du Rhône, où j’ai appris le métier de la production au sein d’équipes en 3×8. J’ai ensuite travaillé pendant dix ans à Fessenheim, où j’ai eu la chance de participer à l’arrêt définitif du site, dans des conditions très respectueuses et très marquantes humainement. Puis j’ai rejoint Cattenom, il y a cinq ans. J’ai découvert la Moselle et appris à connaître le site et ses salariés avant d’en prendre aujourd’hui la direction. »

Qu’est-ce que cette nomination représente pour vous dans votre carrière ?

« C’est une grande fierté, mais aussi une responsabilité importante. Cattenom est l’une des plus grandes centrales de France. Elle produit plus des trois quarts de l’électricité consommée dans le Grand Est. Depuis ma prise de fonction, j’ai à coeur de rencontrer à la fois les salariés du site, mais aussi toutes les parties prenantes externes, qui sont très nombreuses sur le territoire. »

La centrale de Cattenom à l’heure des grands rendez-vous

Quels sont les grands chantiers à venir pour la centrale de Cattenom ? Quelle est votre feuille de route ?

« La priorité reste la sûreté et la sécurité. C’est le socle de notre activité. Ensuite, nous entrons dans une période industrielle particulièrement dense avec la préparation des visites décennales des réacteurs. Ces contrôles permettront, sous réserve de l’accord de l’Autorité de sûreté nucléaire et des travaux réalisés, de prolonger leur exploitation pour dix années supplémentaires. En effet, tous les dix ans, une centrale nucléaire réalise une forme de “check-up” complet, comparable à un contrôle technique très approfondi. Cela permet de rehausser en permanence les standards de sécurité. L’autre moment important cette année sera plus symbolique. Cattenom célébrera ses 40 ans en 2026. C’est un âge qui ouvre encore de belles perspectives pour la centrale. »

La centrale joue aussi un rôle social et économique majeur en Moselle…

« Oui, Cattenom représente 3 600 emplois directs et indirects. C’est un acteur essentiel du nord mosellan. Nous recrutons chaque année une centaine de personnes, en CDI ou en alternance. L’enjeu est de poursuivre nos partenariats avec les établissements scolaires pour faire découvrir les métiers de l’industrie aux jeunes, notamment aux jeunes filles encore trop peu présentes dans les filières scientifiques. »

Le recrutement reste-t-il un défi pour la filière nucléaire ?

« Le nucléaire aura besoin de milliers de salariés dans les prochaines années, notamment avec les projets de nouveaux réacteurs. Nos métiers nécessitent un très haut niveau de qualification. La transmission des compétences et le renouvellement des générations seront donc des enjeux majeurs dans les années à venir. »

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Jean MILON
Jean MILON
Rédacteur en chef adjoint de MoselleTV. Présentateur de MoselleInfo.

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