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« Tout ça pour un bon moment… » Crash à Tomblaine : la sécurité des vols de loisirs en question

Survenu dimanche 28 juin 2026, le crash d’un avion à Tomblaine (Meurthe-et-Moselle) est le plus meurtrier que la France ait connu pour l’aviation hors transport militaire et commercial. Au lendemain, les professionnels se questionnent sur les vols de loisirs.

En visionnant les images du crash de Tomblaine, le sentiment qui domine Olivier Tordo, directeur de l’aérodrome de Chambley (Meurthe-et-Moselle), c’est la fatalité. « On peut parler d’une catastrophe, effectivement », regrette-t-il, lundi 29 juin 2026, au lendemain du drame.

Ici, on avait l’habitude de travailler avec Tandemotion, la société organisatrice de ce saut en parachute. Olivier Tordo connaissait plusieurs des victimes, dont le pilote : « Il était très professionnel. Il maîtrisait cet avion puisqu’il a beaucoup d’heures de vol dessus. C’est un avion qui n’est pas facile, certes, mais ces gens-là sont qualifiés sur cet avion. »

Il soupire : « Tout ça pour un bon moment, tout ça pour un moment de loisir. Et qui s’est terminé de façon dramatique. »

Suite au crash de Tomblaine, la crainte de répercussions

À Chambley, où le vol de loisir représente 70% de l’activité de l’aérodrome, on craint les répercussions du crash. Le directeur analyse : « On ne peut qu’imaginer que ceux qui ont programmé des futurs sauts en parachute, ou des futurs vols en avion, se transposent et se disent : on ne va pas tenter le diable. Ça va avoir, à mon avis, un impact à moyen et court terme. »

Après ce drame, peut-on continuer à faire confiance aux compagnies de vols de loisir ? « Il y a la sécurité avant tout, qui est le mot d’ordre », rétorque Olivier Tordo, « le pilote, lui, a la dernière décision et c’est lui qui refusera de partir s’il détecte vraiment quelque chose. Ils ont conscience quand même qu’ils emmènent des gens et qu’ils en ont la responsabilité. »

Pour la fédération de parachutistes, il s’agit d’une erreur humaine

Pourtant, du côté de la Fédération française de parachutisme, on déplore cette dimension commerciale, ce qui aurait facilité une erreur humaine.

Yves-Marie Guillaud, président de la fédération Française de Parachutisme, contextualise : « Le pilote règle ses volets. […] S’il a une assiette sur l’avant, il va mettre les volets pour qu’il revienne à l’horizontale, ça s’appelle les trim. » Il s’avance : « Une hypothèse que j’émets, ce que l’on peut imaginer, c’est qu’il y a eu un problème de trim. »

Pour le président des parachutistes sportifs, il y a une problématique d’harmonisation des formations. Il explique : « Pour avoir la qualification pilote tandem aviation civile, c’est un stage de 15 jours. Vous payez 6 000 euros et au bout de 15 jours, vous avez la possibilité d’emmener des passagers. Je ne suis pas là pour accuser, ou pointer du doigt. Mais ce système, je le dénonce depuis plusieurs années. »

Une hypothèse à prendre avec des pincettes. Il faudra attendre les résultats du Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile (BEA), qui vient de lancer ses investigations.

Florent Arnold
Florent Arnoldhttp://www.moselle.tv
Journaliste Reporter d'Images

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