spot_img

1er-Mai en Moselle : ces professionnels qui hésitent à faire travailler illégalement leurs salariés

Le 1er-Mai est un jour chômé et rémunéré. Lors de ce jour férié, les boulangeries et les fleuristes de Moselle avaient l’habitude d’ouvrir, mais cette année, ils se retrouvent au pied du mur.

Le 1er mai 2026, il vous faudra peut-être faire des détours pour réussir à acheter votre baguette ou un brin de muguet. Ouvrir ou ne pas ouvrir, c’est la question que se posent ce jeudi 30 avril les artisans boulanger-pâtissiers et les fleuristes indépendants, qui sont plus que jamais dans le flou.

Ce 1er-Mai 2026 sera la journée de l’incertitude pour ces artisans de proximité. Pourtant, jusqu’à il n’y a pas si longtemps, la question de leur ouverture ne se posait pas. Dans un accord de branche et dans la convention collective des boulanger-pâtissiers, il est spécifié que les salariés peuvent travailler le 1er-Mai, à condition qu’ils soient payés double et qu’ils remplissent une fiche explicitant leur volontariat.

Des boulangers sanctionnés pour avoir fait travailler leurs salariés un 1er mai

Jusqu’ici, tout va bien. Mais le 1er mai 2024, des boulangers vendéens reçoivent une visite surprise. C’est l’inspection du travail qui vient les contrôler pour un motif qui n’avait jusque-là pas été soulevé : dans la loi, seuls les gérants sont autorisés à travailler ce jour. Ce n’est pas le cas pour leurs salariés, même volontaires et payés doubles.

Jusqu’ici il y avait un laissez-faire, une sorte de flou juridique. Mais ce 1er mai 2024, l’inspection du travail a fait une lecture stricte de la situation et a sanctionné les gérants d’une amende de 750 euros par salarié présent et 1 500 euros par apprentis.

Une sanction qui refroidit en Moselle

Ces boulangers ont finalement été relaxés, mais législativement, pour l’instant, rien n’a bougé. Pour un gérant, c’est impossible de faire fonctionner sa boulangerie tout seul. Donc les boulangeries qui ouvriront grâce aux salariés volontaires demain pourraient tout à fait reprendre des amendes.

C’est une véritable épée de Damoclès, ce qui peut en effrayer certains. Et ce, malgré les propos rassurants du ministre du Travail qui a assurer – pour simplifier – que si des amendes sont dressées cette année, elles partiront à la poubelle. J’ai rencontré un boulanger à Metz ce matin qui est un exemple probant de « l’absurdité » de la situation. Pendant près de 20 ans, il a travaillé tous les 1er-Mai. Désormais gérant, depuis l’incident de 2024, il préfère rester fermé. Par principe de précaution, quitte à s’asseoir sur une journée fructueuse.

Comment apaiser ces tensions et résoudre cette situation ?

Les représentants des artisans boulanger-pâtissiers dénoncent une « psychose » qu’a créée l’inspection du travail sur ce sujet depuis deux ans. Alors pour y mettre fin, ils espèrent une clarification juridique. Un projet de loi dans leur sens passera prochainement en deuxième lecture au Sénat. Pour l’instant, le gouvernement s’est engagé en priorité envers les artisans boulangers et les artisans fleuristes.

Une journée à enjeux pour les fleuristes

Évidemment, le muguet est le symbole de la journée internationale de lutte pour les droits des travailleuses et travailleurs. Une fleur majoritairement cultivée en France, qui fait travailler toute une filière, mais qui doit être commandée aux fournisseurs plus d’un mois à l’avance.

Mais surtout, c’est un porte-bonheur particulièrement plébiscité, ce qui représente un enjeu financier majeur pour ces artisans. Pour Perrine Hinderer, fleuriste à Mulhouse et membre de la Fédération française des artisans fleuristes, son chiffre d’affaires quotidien est multiplié par trois, voire quatre, lors du 1er-Mai. Pourtant, elle est dans le même flou que les boulangers.

Florent Arnold
Florent Arnoldhttp://www.moselle.tv
Journaliste Reporter d'Images

plus de contenus du même auteur

Nos derniers reportages