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La Rubrique Santé. Musiciens et musiciennes du Grand Est, pensez à votre santé avec Grabuge !

Stress, postures, précarité, comportements à risques… Derrière les projecteurs, la fédération régionale des musiques actuelles, Grabuge, s’est intéressée activement à la santé des musiciens et musiciennes dans le Grand Est.

Un métier passion dans l’imaginaire collectif… et des préjugés qui masquent les risques ! Oui, être artiste c’est exercer un métier passion mais pas à n’importe quel prix sur sa santé. « Les musiciens, c’est un petit peu l’angle mort« , constate Marion Petit, chargée de mission Pratiques Responsables chez Grabuge. Si la santé au travail est régulièrement évoquée dans l’industrie ou les bureaux, elle reste peu abordée dans le secteur musical. En cause, une vision persistante du métier artistique comme une passion avant tout. « On a du mal à le considérer comme un métier à part entière« , souligne-t-elle.

Pourtant, les réalités sont bien là : horaires décalés, pression avant la scène, instabilité financière. « Ce sont des professionnels à part entière qui ont leurs problématiques et on a trop souvent tendance à les occulter« . Pour comprendre les freins, les difficultés d’accès aux soins et les améliorations pour accompagner au mieux ces artistes, une étude sociologique autour de leur santé a été menée par Grabuge auprès d’une vingtaine d’artistes du Grand Est.

Former, prévenir, mieux accompagner les musiciens dans le Grand Est

Anxiété, troubles musculo-squelettiques, fatigue chronique, mais aussi un recours tardif aux soins. Voilà les éléments mis en exergue dans cette étude lancée par la Fédération Grabuge. Dans les témoignages recueillis, le stress avant de monter sur scène revient régulièrement, parfois accompagné de conduites à risque. « Les excès sont dommageables pour tout le monde« , alerte un professionnel de la cité musicale de Metz interrogé. De quoi rappeler l’importance de préserver sa réputation et son environnement de travail.

Face à ces constats, plusieurs axes de travail ont émergé. Le premier : intégrer la santé dès la formation. « Apprendre aux musiciens à prendre soin de leur santé, à être à l’écoute de leur corps et besoins« , insiste Marion Petit. Mais l’effort ne doit pas reposer uniquement sur les artistes. Toute la chaîne professionnelle est concernée : managers, salles, producteurs. Autre enjeu majeur : passer d’une logique de soin à une logique de prévention. « Les artistes consultent souvent quand c’est déjà trop tard« , regrette-t-elle. Encourager de meilleures habitudes de vie et sensibiliser aux risques devient essentiel, même si les jeunes générations semblent déjà plus attentives.
Enfin, l’accès aux soins spécialisés reste insuffisant, notamment en région. « Il y a un manque de professionnels de santé qui connaissent les métiers artistiques« . La création de réseaux ou de répertoires de praticiens formés pourrait grandement faciliter les choses.

En dressant ce panorama inédit, la Fédération Grabuge espère « faire du bruit » et replacer la santé des artistes au cœur des priorités. Une nécessité pour que la musique continue de résonner… sans casser ceux qui la font vivre.

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Uranie Tosic
Uranie Tosichttp://www.moselle.tv/
Rédactrice en chef de Moselle TV.

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