spot_img

Maizières-lès-Metz : dans les pas d’un maire-président, Julien Freyburger

Julien Freyburger, réélu maire de Maizières-lès-Metz et président de la CC Rives de Moselle, a su imprimer sa marque. Une journée dans ses pas, entre chantiers, histoire et proximité.

C’est un rythme soutenu, presque millimétré. Entre réunions, déplacements et visites de terrain, Julien Freyburger enchaîne les séquences sans jamais s’arrêter. Depuis 2014, il dirige la commune de Maizières-lès-Metz. Depuis 2018, il préside également la Communauté de communes Rives de Moselle. Un double rôle, en plus de la vice-présidence du département, qui lui vaut l’étiquette de « maire-président », avec des responsabilités qui dépassent largement les frontières de sa ville.

Ce matin-là, le ton est donné dès la sortie de bureau. Entre deux dossiers locaux, une ouverture inattendue vers l’international s’invite à l’agenda. Sollicité pour accompagner un projet de forage visant à améliorer l’accès à l’eau en République du Congo, l’édile organise les contours d’un futur déplacement et d’un échange entre collectivités. « Le but n’est pas une action politique, ni pour vous, ni pour nous, c’est pour répondre à un besoin des populations », indique-t-il à son interlocuteur, Kevin Ngandou. Une implication qu’il assume avec prudence : en plus d’un jumelage déjà acté, cette visite protocolaire sera l’occasion de voir plus loin, comme par exemple un échange culturel.

La petite et la grande histoire

Dans son discours, des références historiques. « Il faut regarder l’histoire pour éclairer notre action » confie-t-il après l’entretien. D’autant que l’Histoire est une passion pour le maire. Une des figures françaises, Charles de Gaulle, domine dans son bureau. Une référence assumée, que Julien Freyburger pourrait volontiers citer comme inspiration. Face à ses interlocuteurs congolais, il rappelle l’importance du général qui avait fait de Brazzaville la capitale de la France libre. Il confirmera plus tard se passionner pour l’Afrique.

« Pour les évolutions institutionnelles des pays du continent, la chute et la renaissance des régimes, la décolonisation, l’essor et le déclin de certains pays, c’est absolument passionnant ». Aider des associations locales, un rôle évident pour lui, mais qui doit se faire « sans que ce soit contraire aux usages, aux cultures ou aux traditions de certains de nos partenaires, ce qui est le risque de la mondialisation actuelle. »

Une ville en mutation

A la mairie ou l’interco, l’action municipale s’inscrit dans une continuité, presque dans un récit à écrire. Celui d’une ville en mutation aussi. Patrick Weiten, le président du département, confiait il y a quelques mois que le territoire était celui qui aurait la plus grande carte à jouer à l’avenir en Moselle, entre reconversion des friches de Gandrange à Maizières-lès-Metz, la santé, la mobilité…

Sur le terrain, justement, les projets s’enchaînent. Dans les rues de Maizières-lès-Metz, les salutations s’enchaînent aussi, avec les habitants, les enfants, les équipes municipales. Les grands chantiers structurants sont bien engagés : la rénovation complète d’une place située devant la mairie, la sécurisation d’une avenue avec la création de nouveaux stationnements, ou encore l’aboutissement des travaux à l’école Pasteur, qu’il visite avec son adjoint. Près de 2M d’euros pour rénover la cour, l’isolation thermique des murs, le changement de toutes les fenêtres, afin de réguler la température pour les enfants, « en hiver comme en été ».

Projet phare avec Elsan

Mais le projet phare reste sans conteste le futur hôpital « Terres de Moselle », porté par le groupe Elsan. Sur place, le maire suit de près l’avancée de ce chantier d’envergure, 40 hectares de friches appelés à être urbanisés dans les années à venir. Des transformations qu’il observe tous les dimanche à vélo, aux côtés de son fils, signe d’un attachement personnel à ces espaces en devenir. La façade en pierre de Jaumont vient de sortir de terre. « Je l’ai voulu ainsi pour faire écho au centre historique de Metz et à notre pierre locale », dit le natif de Metz en approchant du bâtiment. « Je n’y croyais pas, mais ça a de la gueule », lâche un agent technique.

Réélu à la tête de sa commune avec 76 % des voix, Julien Freyburger s’appuie sur une légitimité solide. À l’échelle intercommunale, il a également été reconduit à la présidence de Rives de Moselle, à une voix près de l’unanimité. Une double confiance qui confirme son ancrage politique local. « Une marque d’intérêt et de confiance de nos partenaires » se réjouit le président. D’autant qu’il y a 12 ans, quand la CC de Maizières-lès-Metz a absorbé le Sillon Mosellan pour devenir Rives de Moselle, le territoire était ancré à gauche avec Jean-Marie Todeschini et Gérard Terrier. La zone, marquée par les friches industrielles et les industries, a basculé.

« Ce territoire n’est pas une question d’étiquettes, quand on travaille tous ensemble pour le bien des habitants » confie l’homme de droite. « Le général de Gaulle disait que la France n’est ni de droite ni de gauche. Toutes proportions gardées, c’est pareil ici ». Le président a d’ailleurs joué l’ouverture en nommant le maire de Talange, Patrick Abate, 3e vice-président. « J’ai coutume de lui dire que ce n’est pas parce que je l’apprécie humainement et sur le travail en commun, que je prendrais ma carte au PCF. Notre travail c’est de savoir travailler en commun, sans limite mentale et politique »…

Jonathan Vaucher
Jonathan Vaucher
Journaliste Reporter d'Images / Référent politique / Présentateur

plus de contenus du même auteur

Nos derniers reportages