Le blocage du détroit d’Ormuz et la flambée du pétrole provoquent une onde de choc sur l’industrie du plastique. En quelques semaines, les prix de certaines matières premières ont littéralement explosé.
La hausse est jugée plus rapide encore qu’au début de la guerre en Ukraine. En cause : les tensions au Moyen-Orient et les perturbations dans le détroit d’Ormuz, un point stratégique pour l’approvisionnement mondial en pétrole. Résultat immédiat : le prix du baril de Brent est passé d’environ 69 dollars en février à 115 dollars aujourd’hui, soit une hausse de près de 67%. Une envolée qui se répercute directement sur toute la chaîne industrielle.
Dans le sillage du pétrole, les matières plastiques enregistrent des hausses spectaculaires. Selon les données du syndicat des plasturgistes Plastalliance, le PET, utilisé notamment pour les bouteilles ou certains textiles, est passé de 800 euros la tonne en février à près de 1 400 euros en avril, soit une augmentation d’environ 75% en deux mois. Pour Polyvia, qui représente les plasturgistes en Moselle, la hausse est plus marquante encore pour le polypropylène (PP), un plastique très utilisé dans les emballages et l’industrie. Son prix est passé d’environ 1 300 à 2 500 euros la tonne, soit une progression proche de 90% sur certains marchés.
Deux conséquences : l’approvisionnement est plus compliqué et l’industrie fonctionne sur sa réserve, confirme les industriels, qui ont pour l’instant plusieurs mois d’avance. Cependant, des risques sont à prévoir dans les mois à venir, d’autant qu’une situation débloquée dans le détroit ne changera pas tout de suite la donne. Autre conséquence : des prix qui se répercutent sur les clients. « Des clients acceptent les hausses mais n’auront plus les moyens de les vendre au prix que ça coute », résume Marc Marchand, directeur de Treffert à Sainte-Marie-aux-Chênes. D’autre clients n’accepteront eux pas la hausse, ce qui pourrait amener à de graves tensions voire des ralentissements de la production.


