La Moselle compte plus de 500 terrains de football, dont près d’une centaine de pelouses synthétiques. Depuis quelques mois, ces surfaces sont au cœur d’une transition : le remplacement progressif des billes de caoutchouc par des granulats de liège. Sous la pression des règles européennes et des enjeux environnementaux, le football amateur doit désormais s’adapter à de nouvelles contraintes.
Elles s’infiltrent partout et nous gênent en plein match. Ces petites billes noires de caoutchouc présentes sur les terrains synthétiques sont devenues la hantise de nombreux joueurs. Coincées dans les chaussures, elles sont surtout au cœur d’inquiétudes liées à la santé et à l’environnement pour ces granulés issus de pneus recyclés.
Alors, en septembre 2023, la Commission européenne a adopté de nouvelles mesures pour limiter les micro-plastiques, notamment présents dans ces granules. En 2031, les clubs auront l’interdiction d’équiper leurs nouveaux terrains synthétiques avec cette matière appelée granulat élastomère. Depuis quelques mois, l’AS Réding a remplacé l’un des plus vieux terrains synthétiques de Moselle par une toute nouvelle pelouse.
Après 25 ans passés à l’AS Réding, Maxime constate déjà une nette différence avec cette nouvelle surface de jeu. « Depuis qu’on a le nouvel outil, c’est quand même ultra agréable. Par rapport aux anciens terrains, on a déjà beaucoup moins de douleurs, donc c’est vrai qu’on peut se permettre de faire des appels, contre-appels, des sauts. On n’a plus cette peur-là de se dire “ah ben non, on va avoir mal au dos, mal aux articulations” comme on avait un petit peu avant. »
Un terrain dernière génération pour l’AS Réding
Un changement s’expliquant par cette nouvelle pelouse à fibre fixe. Dites au revoir aux billes de caoutchouc et bonjour aux granulats de liège. Arrivé au club il y a deux ans, Ludovic apprécie particulièrement cette nouvelle surface de jeu. « C’est sûr que là, les terrains avec des faux rebonds, on n’en a pas. On a des terrains verts parfois qui sont très compliqués. Donc là, c’est une surface de jeu qui est quand même assez agréable. »
Pour les gardiens aussi, le changement est important. Julien évoque une surface plus souple et moins agressive qu’auparavant, lui qui est au club depuis 16 ans. « Pour nous les gardiens, c’est un autre style de vie. En fait, il y avait de la brûlure avec la fibre, mais surtout au plongeon, c’est ces billes-là qui venaient nous griffer et nous brûler. Là, on est sur du liège et en fait, c’est beaucoup plus souple. »
Un nouveau terrain synthétique qui a peu à peu remplacé la pelouse naturelle. Car en hiver, entretenir un terrain en herbe devient souvent compliqué. Pour Romain Maillier, responsable du pôle senior de l’AS Réding, ce terrain synthétique est devenu indispensable pour assurer les entraînements durant la période hivernale.« Arrivé au mois de septembre, ça va encore. Au mois d’octobre, mois de novembre, ça commence à être compliqué de pouvoir s’entraîner sur des terrains en pelouse naturelle qui plus est, le nôtre n’a pas d’éclairage. Donc à cette période-là, compliqué aussi. Donc on a dû solliciter des clubs voisins pour pouvoir avoir des installations. »
Les terrains synthétiques : quel impact sur les genoux ?
Mais ces surfaces ont-elles un impact sur notre corps et notamment sur les genoux ? Pour Pablo Turell, chirurgien orthopédiste et traumatologue, il faut nuancer le débat. Selon lui, il ne faut pas incriminer les terrains synthétiques par rapport aux blessures aux genoux. Les blessures dépendent de nombreux facteurs et pas uniquement du terrain. « On ne peut pas dire que le synthétique abîme le genou. On n’a aucune preuve scientifique pour le déterminer. C’est multifactoriel. Il va y avoir la condition du joueur, celui qui pratique son sport. Il va y avoir également le chaussage, son hydratation, sa fatigue. »
Le spécialiste rappelle toutefois que certains joueurs restent plus fragiles, notamment ceux ayant déjà subi des blessures importantes au genou. « Une population de plus en plus jeune fait du sport avec un engagement de plus en plus intense. On voit chez les patients amateurs de plus en plus de blessures sur le ligament croisé. Le patient peut avoir des pathologies ou des blessures préexistantes. On a des patients qui ont des antécédents de croisés rompus qui ont été opérés, des lésions méniscales, des lésions cartilagineuses. Ces patients-là, il faut qu’ils s’adaptent au mieux parce qu’ils sont plus “fragiles”. Et sur un terrain synthétique où l’arrêt peut être un peu dur, avec des verrouillages en rotation du pied, ça peut poser des problèmes. »
Jouer sur un ancien terrain synthétique augmenterait davantage le risque de blessure qu’évoluer sur une surface récente. Mais moderniser ces installations représente un coût important pour les collectivités et les clubs : près d’un million d’euros de travaux en moyenne.
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