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Judaïsme rural de Moselle : « On n’a pas de tombe où se recueillir à Auschwitz, il ne reste que des cendres »

Au royaume de France, les juifs étaient interdits dans les villes, mais tolérés dans les campagnes. Le 24 avril 2026, dans le village de Tragny, au sud de Metz (Moselle), une pose de pavés mémoriels a rendu hommage à ce judaïsme rural.

Dans ce village mosellan, on y trouvait autrefois une synagogue. Alain Cerf, président-fondateur de l’association Stolpersteine Moselle, nous a donné rendez-vous, vendredi 24 avril 2026, devant son ancien emplacement. Un marqueur d’une époque où les Juifs étaient interdits de cité, trouvant alors refuge dans les villages.

« Avant, vous ne trouviez des Juifs que dans les campagnes », rappelle-t-il, « c’est pour ça que j’ai voulu poser aujourd’hui des pavés de mémoire, des Stolpersteine, pour bien montrer que l’origine du judaïsme d’Alsace-Moselle est un judaïsme rural ».

En Moselle, un hommage au judaïsme rural

Les quatre Juifs déportés commémorés ce 24 avril font partie de la même famille. « Monsieur David David, le papa, qui était marchand de bestiaux, épouse madame Camille Bénédicte et ils ont trois enfants », raconte succinctement Alain Cerf, avant de détailler leur sort tragique : « On les amène au camp d’Écrouves. Puis d’Écrouves, on les amène à Drancy. Et de Drancy, les trains de la mort. […] À peine arrivés, ils étaient exterminés dans les chambres à gaz ».

Alors pour leur rendre hommage, ces pavés mémoriels sont encastrés devant la maison familiale. Genoux à terre, pour Günter, créateur des Stolpersteine, ce moment est presque sacré. Derrière lui sont présents Daniéle Cohen-Solal, née David, et son frère Jean-Jacques David. Ils font partie de la famille juive commémorée.

Enfin un endroit où se recueillir, pour la famille David

Daniéle Cohen-Solal raconte, les yeux humides : « C’est très émouvant, c’est la seule chose qu’on peut faire pour eux. On n’a pas de tombe où se recueillir à Auschwitz, il ne reste que des cendres. Donc si un jour on a envie d’aller se recueillir, il y aura toujours ces pavés. »

Raviver la mémoire du judaïsme rural, et graver l’histoire de la famille David pour qu’elle ne puisse jamais être oubliée.

Florent Arnold
Florent Arnoldhttp://www.moselle.tv
Journaliste Reporter d'Images

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