spot_img

« Vous vous trompez, madame ! » Des débats sous haute tension autour de la méga-usine H2V Thionville

Que devient le projet H2V Thionville ? Cette méga-usine de carburants du futur devrait entrer en service en 2030. Mais en attendant, les concertations avec le public continuent. Jeudi 23 avril 2026, à travers des échanges tendus, les Mosellans ont pu interpeller les porteurs du projet.

« Parce que les conséquences, elles sont factuelles ! », s’agace l’une des participantes à la réunion publique du 23 avril 2026. Elle déplore un temps de concertation trop court autour du projet H2V Thionville. Lorsqu’il s’agit d’implanter une méga-usine de 31 hectares, les débats avec les riverains sont passionnés, voire tendus.

L’un des points sensibles est le ballet quotidien des 50 camions qui transporteront du CO2, indispensable à la création de carburant de synthèse dans la future usine.

Une réunion publique pour évoquer les inquiétudes autour de H2V Thionville

Jean-Charles Louis, président du syndicat de la plateforme industrielle E-log’in 4 (ancienne ZAC Eurosport) tente de faire preuve de pédagogie : « Il y a une jonction directe entre l’autoroute A31 et la route de désenclavement », avant de perdre patience, « donc ils ne traversent pas les villes ! »

Pour certains, c’est également la crainte de voir affluer des wagons d’hydrogène dans leur jardin. « Vous vous trompez, madame ! », rassure Jean-Charles Louis en haussant le ton.

Quel impact environnemental pour l’eau de la Moselle ?

Concernant l’impact environnemental : pour approvisionner les électrolyseurs, l’eau de la Moselle sera pompée, ce qui pose de nombreuses questions.

Bernard Eccli, secrétaire de la fédération de pêche et de protection des milieux aquatiques de la Moselle, fait part de ses inquiétudes : « La centrale de Cattenom pompe également de l’eau dans la Moselle. Or, nous sommes en période de dérèglement climatique, qu’on le veuille ou non. On a peur des étiages. Moi, j’ai peur pour la vie aquatique. »

« Le sujet de l’eau est un sujet qui est sensible », admet Alexis Martinez, directeur général de H2V. Il relativise : « Par rapport à Cattenom, leur impact net, c’est 37 millions de mètres cubes par an. Nous, c’est 350 000. On s’adaptera à la situation. On a aussi mis en place des technologies pour réduire les consommations d’eau. C’est quelque chose sur lequel on va continuer à travailler. »

Le permis de construire devrait être déposé d’ici fin 2026, et la première pierre devrait être posée fin 2027.

Florent Arnold
Florent Arnoldhttp://www.moselle.tv
Journaliste Reporter d'Images

plus de contenus du même auteur

Nos derniers reportages