Selon la chambre régionale des comptes, Amnéville reste leader dans le thermalisme du Grand Est mais pour rester attractif, le pôle thermal doit investir.
Dans un rapport de synthèse des comptes publié aujourd’hui par la chambre régionale des comptes Grand Est, cette dernière souligne les enjeux financiers auxquels est confronté le pôle thermal d’Amnéville. Entre baisse de la fréquentation médicale, investissements importants et concurrence accrue, la station doit poursuivre la modernisation de ses équipements selon l’autorité.
En 2025, Amnéville a accueilli 12 221 curistes conventionnés, soit 35 % de la fréquentation régionale. Ce chiffre reste toutefois inférieur de 24 % à celui de 2019, où 16 123 curistes avaient été recensés. En parallèle, les activités de bien-être conservent un poids important, le premier du Grand Est : les établissements d’Amnéville ont enregistré 521 681 entrées en 2024, loin devant Nancy et ses 109 779 entrées.
20 millions d’euros d’investissements prévus
Selon la chambre, le montant prévisionnel actualisé en 2023 des investissements concernant l’ensemble du pôle thermal (SPL Destination Amnéville) s’élevait à 20 millions d’euros, dont 6,5 millions pour Thermapolis. Les travaux programmés entre 2023 et 2026 portent notamment sur la sécurité incendie, l’accessibilité, les forages, les rejets d’eau thermale, ainsi que la restructuration et l’extension des installations. A lui seul, le pôle thermal permet à la commune de percevoir un loyer annuel d’environ 2 millions d’euros par an.
Mais leur financement constitue un point de vigilance. La chambre indique qu’en 2024, la société publique locale n’était pas en mesure de prendre en charge ces investissements au regard de ses ressources financières. Elle souligne les conséquences possibles pour trois collectivités actionnaires depuis 2017 : la Région Grand Est, le Département de la Moselle (actionnaire principal) et la commune d’Amnéville. La Région avait déjà accordé 3 millions d’euros de subventions d’investissement à la SPL en 2021 et 2022, puis renforcé sa participation à son capital de 2 millions d’euros en 2022. Le départemental détenait alors 5,5 millions du capital. Lors de l’assemblée générale organisée juste après les élections municipales de mars dernier, la SPL affichait un déficit de près d’1,5 millions d’euros.
Autre enjeu : la concurrence de Baden-Baden, en Allemagne, et de Nancy Thermal, dont l’offre de bien-être et aqualudique est en croissance. La chambre relève également que Thermapolis a été fermé pour travaux de février 2025 jusqu’à cet été, une situation susceptible de faire évoluer la fréquentation au profit de Nancy. Le rapport souligne ainsi la nécessité de concilier attractivité touristique, financement des équipements et préservation de la ressource en eau.


