Un membre de l’AfD a partagé une carte pour célébrer l’union allemande, où l’on peut voir une « grande Allemagne » avec une partie de la Moselle.
Quelques semaines après une belle célébration de l’idéal européen et de la paix franco-allemande en Moselle, avec la venue du pape à Metz, c’est une autre image des relations entre France et Allemagne qui est promue par un des membres de l’AfD, parti d’extrême-droite allemand arrivé en tête dans plusieurs régions du pays fédéral, la Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et la Saxe-Anhalt.
Le parti, qui vient tout juste de faire élire pour la première fois l’un des siens à la présidence d’un parlement régional, semble voir des vues sur l’Alsace-Moselle, selon un journaliste qui a capturé une publication sur les réseaux sociaux de Luca Maurice Strauf, un membre bavarois du bureau des jeunes AfD. Samedi dernier, jour de l’unité allemande (qui fête les réunification des deux pays RFA et RDA), il a partagé une carte du pays où les frontières sont un peu plus étendues qu’à l’accoutumée, comprenant une partie de la Moselle et l’Alsace, comme lors de l’annexion.
Pangermanisme assumé
Selon l’article du journal Taz, cette diffusion suscite la polémique. Assumée par son auteur, elle était accompagnée de la description suivante, en allemand : « L’unité allemande signifie une Allemagne qui réunit tout le peuple allemand au sein d’un seul État. Aujourd’hui, nous commémorons une étape importante sur cette voie ». La carte comporte aussi des territoires autrichiens, luxembourgeois ou belges. La publication a ensuite été retirée.
Le média allemand rappelle que l’auteur est favorable au « pangermanisme », une doctrine politique visant l’unité de tous les pays germanophones d’Europe, du nord de la France à l’ouest de la Russie et au sud de la Suisse. Reprise par l’Allemagne nazie lors de sa politique d’expansion en Europe durant la Seconde Guerre mondiale, cette politique a perduré dans les mouvements néonazi et revanchistes allemands. Le porte-parole du parti a indiqué que cette carte « ne correspond pas à nos critères en matière de politique historique ». Interrogé par Taz, Luca Maurice Strauf affirme qu’il s’agit juste d’une évocation d’une « histoire commune » et ne souhaite pas « annexer » ces territoires.

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