À Forbach, une quarantaine de délégués lycéens ont échangé avec les autorités après plusieurs jours de mobilisation et de blocus. Orientation, transports, cantine et conditions d’études étaient notamment au cœur des discussions.
Après des jours de manifestations, place au dialogue entre les lycéens et les hautes instances. À la mairie de Forbach, une quarantaine de délégués représentant les élèves des lycées de la ville ont formulé de vive voix leurs inquiétudes. Un élève témoigne notamment des difficultés rencontrées« Le bus qui nous ramène à la gare routière pour rentrer chez nous, il arrive à 16h mais les cours finissent aussi à 16h. Le temps qu’on descende et qu’on aille le prendre, il est déjà parti. » Chloé, élève de terminale au lycée Jean Moulin de Forbach, pointe également les difficultés liées à l’orientation. « On ne nous demande pas juste ce qu’on aime faire à l’école, quelles matières nous intéressent, dans quel domaine on aimerait travailler, mais on demande directement un métier. »
Selon Madelaine, elle aussi en terminal dans cet établissement « Les lycées ne sont plus adaptés à ses élèves. » Environnement de travail, orientation, cantine, transport en commun, autant de sujets évoqués pendant deux heures. Pour la jeune femme, cette rencontre est aussi une conséquence des mobilisations des derniers jours. « C’est sûrement aussi une réponse de notre blocus. Pour le coup, j’y ai participé et je sais qu’on a pu se faire entendre d’une certaine manière. Après, je doute que ça ait vraiment l’impact qu’on voudrait que ça ait. »
Rayan, lui aussi élève de terminale au lycée Jean Moulin de Forbach, estime que les changements ne pourront pas intervenir immédiatement. « On ne pourra pas tout refaire en une journée, effectivement. Il y a des implications budgétaires, peut-être géopolitiques au niveau du gaz. Mais j’ose espérer qu’il y aura des initiatives qui seront entreprises. » Mais pour Chloé, les échanges ne suffisent pas encore à répondre aux attentes des lycéens, même après ces blocus. « Je n’ai pas l’impression qu’on est vraiment écouté. Je trouve que ce mouvement est assez instrumentalisé au niveau politique. Ça sert de terrain de conflit entre deux parties. Donc ça, je trouve que c’est dommage parce que nos revendications passent à la trappe. »
Franck Leroy, président de la Région Grand Est : « On a demandé au gouvernement d’arrêter de nous mettre des bâtons »
Face aux contestations des lycéens, et ces nombreux blocus, le gouvernement privilégie le dialogue. En France, une demi-journée de cours est banalisée au sein des établissements pour accueillir ces échanges. Au lycée Blaise Pascal de Forbach, Kylian Yahiaoui, proviseur de l’établissement, explique comment ce temps de dialogue a été organisé. « Une première approche en visio avec les personnels pour préparer la rentrée des élèves le lendemain. Puis prendre un temps d’échange entre les élèves et les enseignants pour nous faire remonter des demandes, avoir un sas de dialogue et d’échange, d’écoute surtout. » L’Éducation nationale a quant à elle lancé une plateforme de consultation pour recueillir les difficultés rencontrées par les lycéens.
Ce mercredi soir, les présidents de région étaient quant à eux en réunion avec le Premier ministre. Franck Leroy, président de la Région Grand Est, appelle de son côté à préserver les capacités d’investissement dans les lycées. « Nous, côté lycée, on a des travaux à engager. On a demandé au gouvernement d’arrêter de nous mettre des bâtons dans les roues parce qu’aujourd’hui, le gouvernement voudrait qu’on arrête d’investir alors qu’on a besoin d’investir dans nos lycées. J’ai bon espoir que dans les jours qui viennent, le projet de loi de finances évolue et libère l’investissement des régions dans les lycées comme l’investissement des communes dans les écoles. » Le Grand Est représente plus de 350 lycées publics et privés pour un investissement d’un peu plus de 240 millions d’euros engagés chaque année par la région.
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