spot_img

Rubrique Santé. Les maisons de santé, vraie solution ?

Elles sont souvent présentées comme une solution pour contrer les déserts médicaux : les maisons de santé ! Ces dernières années, une dizaine de structures a vu le jour en Moselle. Sont-elles vraiment bénéfiques. Nous avons posé la question au Dr Gradeler.

Forbach, Guénange, Bitche ou encore Novéant-sur-Moselle : les maisons de santé pluridisciplinaires se multiplient dans le département. Une trentaine de structures existent désormais ou sont en projet, avec l’objectif de renforcer l’offre de soins de proximité. Pour le Dr Jean-Daniel Gradeler, médecin généraliste et élu au sein de l’Union régionale des professions de santé, ces structures jouent un rôle certain dans l’installation des professionnels. « Je pense que ça favorise l’implantation des professionnels sur le territoire parce que rares sont ceux qui veulent travailler tout seul de nos jours », explique-t-il. Si certaines maisons connaissent encore des difficultés à remplir leurs locaux, le médecin estime que la question doit être posée dès la conception du projet : « Quand il y a des cellules vides, il faut se poser la question de comment a été monté le projet. » Selon lui, une maison de santé ne peut pas se résumer à un bâtiment : elle repose avant tout sur un projet porté par des professionnels.

Un projet collectif, au-delà des murs

La réussite de ces structures dépend autant de l’organisation que des locaux. Le Dr Gradeler met en garde contre les projets construits sans professionnels identifiés : « Quand vous avez des maires […] qui montent des structures, c’est-à-dire qui montent des murs, mais qui n’ont pas de professionnels à mettre dedans, c’est quand même extrêmement compliqué. » À l’inverse, lorsque les soignants sont à l’origine du projet, la dynamique peut être différente. Lui-même engagé dans une maison de santé, il prépare actuellement une extension après avoir constaté les besoins croissants de sa structure. « On est à l’étroit. Donc il faut absolument qu’on agrandisse nos locaux parce qu’on a besoin de plus de parking, de plus de bureaux », témoigne-t-il. Les aides publiques existent déjà, notamment via l’Assurance maladie, l’Agence régionale de santé, les collectivités ou encore des fonds européens. Mais pour le médecin, l’enjeu est surtout de construire un véritable collectif : « L’important, c’est de partager un projet de santé, d’avoir des réunions ensemble et du coup, d’animer le territoire au niveau de la coordination. »

Pour les patients, davantage de coordination

Au-delà de la lutte contre la désertification médicale, les maisons de santé répondent aussi à une évolution des pratiques professionnelles.

« En fait, c’est une aspiration à travailler ensemble », souligne-t-il. Échanger avec ses confrères, organiser la continuité des soins ou travailler plus facilement avec les infirmiers sont autant d’éléments qui peuvent bénéficier aux patients. Le principal apport réside plutôt dans la coordination entre les différents acteurs. Une organisation qui peut également favoriser l’arrivée de nouveaux médecins, notamment grâce à l’accueil d’étudiants et d’internes : dans sa propre structure, plusieurs anciens internes sont ainsi devenus ou vont devenir associés. Pour le Dr Gradeler, les maisons de santé constituent donc un outil parmi d’autres pour maintenir une offre de soins de proximité, tout en répondant aux nouvelles aspirations des professionnels de santé.

Découvrez les autres thèmes abordés dans S comme Santé :

Uranie Tosic
Uranie Tosichttp://www.moselle.tv/
Rédactrice en chef de Moselle TV.

plus de contenus du même auteur

Nos derniers reportages