Devant ses militants, le leader actuel de l’opposition messine, Jérémy Roques a lancé officiellement la campagne et s’est déclaré candidat pour 2026 à Metz.
« Nous appelons au rassemblement de toutes les bonnes volontés de la gauche et des écologistes ». Le message de Jérémy Roques, qui a officiellement annoncé sa candidature à la mairie de Metz pour 2026, est clair : tout le monde est bienvenu, car « nous pouvons tout négocier : les moyens, les étapes, les outils, tout… sauf le cap : l’écologie et la justice sociale ». Et avant de vouloir rassembler au-delà de la gauche comme certains, il faudra déjà s’unir au sein de la même famille, avec « ceux qui veulent encore discuter » (comprendre : sans LFI). Tâche ardue.
Car en face, il y a Xavier Bouvet (qui négocierait actuellement avec le PS), LFI et le PS de Bertrand Mertz, qui s’est déjà attaché les faveurs des Radicaux de gauche. Eux aussi sont appelés à se rassembler sous une même bannière pour 2026. « Il serait impensable d’avoir trois listes au premier tour » face à la droite de François Grosdidier, mais « on peut tout négocier, y compris la tête de liste », pour l’instant occupée par l’élu municipal. « Je n’ai aucun doute que les socialistes prendront la bonne décision », ajoute Nathalie de Oliveira, socialiste, ancienne adjointe de Dominique Gros et soutien affiché lors de la conférence, devant quelque 80 militants.
Un programme jusqu’en 2032
Une conférence qui affiche même la liste des propositions avec un calendrier : la gratuité progressive des transports à partir de 2026, l’ouverture de la Moselle à la baignade en centre-ville en 2027, la reconversion de l’ancienne caserne de Ranconval en site central pour les associations en 2028, la construction d’une ferme urbaine et locale en 2029. Puis, l’ouverture des écoles aux associations et aux parents en dehors des heures en 2030, la création d’un giga campus de santé à Bridoux pour former les médecins en 2031 et enfin, la mise en place d’un pôle numérique à la basilique Saint-Vincent avant 2032. « Nous sommes prêts », clame l’actuel leader de l’opposition municipale.
Autour de Jérémy Roques, trois personnalités messines s’enchaînent à la tribune pour détailler les axes phares de la campagne. Sabry Chibani évoque la jeunesse (« qui manque d’accompagnement et d’investissement ») et les quartiers, « qui ne sont pas pleinement représentés ». Il prône une meilleure représentativité et dénonce la stigmatisation sécuritaire dans les QPV. « Il ne doit pas y avoir de marginalité quand on combat l’injustice politique et sociale ». Hélène Leclerc, de la Ligue des Droits de l’Homme, parle de la dynamique associative à Metz : « Le projet associatif est éminemment politique », dit-elle avant de rappeler : « Quand une ville ne veut pas de pauvres au centre-ville, les relations entre les CCAS et les associations deviennent inexistantes. Quand une municipalité fait pression sur Amnesty International pour qu’il ne soit pas évoqué les tortures de guerre en Algérie lors d’un forum sur la lutte contre les tortures, elle exerce un contrôle sur le milieu associatif ».
Une liste des gauches
Enfin, Nathalie de Oliveira ajoute que les Messins « suffoquent » et appelle à suivre l’héritage de Dominique Gros sur l’inclusivité, la liberté d’expression et le droit des étrangers. « Les administrés ne peuvent jamais voir le maire ou ses adjoints, tout n’est qu’apparence ». Or, cette ville de Metz « bouge et avance », explique Jérémy Roques. « C’est le moment, le début d’une histoire, pas avec une liste de noms, mais un collectif, une équipe unie ». Le mot est lâché, en référence à l’ancienne alliance des gauches pour 2020, qui a depuis volé en éclats. Pas grave, il est l’heure de rassembler à nouveau. « Ce n’est pas un sprint, c’est un marathon, et parfois des équipes quittent plus vite que prévu le groupe, mais ce sont rarement elles qui gagnent à la fin ».
D’anciens militants socialistes sont présents, aux côtés des alliés officiels du parti communiste, du parti animaliste et des Verts, mais aussi de quelques figures issues du centre-gauche. Et des noms bien connus des Messins, comme Thomas Scuderi, ancien PS et adjoint de Dominique Gros (venu en ami : « nous n’avons pas encore évoqué une présence sur la liste avec lui »), Jacques Maréchal (secrétaire départemental du PCF) ou Matthieu Gatipon-Bachette, président de l’UFAL et ancien patron de Couleurs Gaies. Tous unis pour demander le retour « de la gauche progressiste, qui sera dans la continuité de l’écoute et de la démocratie de la période Gros, pour tout le monde et partout dans les quartiers ». La liste « Maintenant pour Metz », à tendance rouge-rose-verte, se veut une nouvelle « énergie collective » appelée à grossir « jusqu’au dernier moment ».