spot_img

Le Département vote une motion en faveur de l’A31 bis et demande plus de mobilité

Ouvrir des lignes de train, garder l’aéroport en Moselle et lancer enfin le projet A31 bis : la réunion trimestrielle a fait la part belle aux mobilités du territoire.

Dans un contexte post-municipales, marqué par l’arrivée de nouvelles équipes dans les collectivités et par « une forme de déception » face à un contexte national qui « souffre d’un excès de centralisation », le président du Conseil départemental de la Moselle a fixé trois grandes priorités pour la suite du mandat : la mobilité, l’attractivité et le logement. Avant tout, l’élu dresse un constat préoccupant. La Moselle compte 2 300 enfants de moins dans les écoles élémentaires, « et ça sera ça en moins pour nos collèges dans le futur », tandis que le département a perdu 8 000 habitants en dix ans, « avec une projection de l’Insee pessimiste ». Il faut donc trouver de quoi « inverser la tendance » démographique.

Attirer sur le territoire, conserver les habitants

La réunion trimestrielle a été l’occasion d’adapter le budget départemental. Vantant la rigueur du budget adopté en début d’année, il explique que les finances ne souffriront que d’un ajustement limité, de l’ordre de 1 % du budget. « C’est seulement une correction de la trajectoire pour tenir compte des évolutions au cours de l’exercice », explique Patrick Weiten, pédagogue. Cette révision concerne principalement des dépenses sociales, mais aussi un renfort de 6,9 millions d’euros pour le SDIS.

Côté logement, le département entend continuer à « gérer avec rigueur tout en conservant les habitants sur le territoire ». La Moselle compte aujourd’hui 9,5 % de logements vacants. Chaque logement inoccupé est une commune qui « manque l’opportunité de faire vivre son quartier, son environnement social ». L’ambition affichée est claire : « chaque Mosellan doit trouver un logement accessible et digne dans sa commune ». Dans la droite ligne de la stratégie Viens, Reste, Reviens.

La SPL Amnéville au coeur du développement touristique

Pour renforcer son attractivité, le Département continue aussi de miser sur Amnéville. « Chaque visiteur qui découvre notre département est déjà un consommateur et potentiellement un futur habitant, entrepreneur ou investisseur ». L’objectif est donc de poursuivre le soutien à la SPL Amnéville et d’investir dans les grands équipements du site, comme le zoo, le Galaxie ou encore le centre thermal. « Sur ce dossier, les relations avec le maire RN sont bonnes. Il nous manquait 5 millions d’euros, il s’est assis à notre table et a voulu participer. » Pour Patrick Weiten, l’avenir du site est « garanti à court et moyen terme ». Même volonté de poursuivre les investissements dans les sites Passionnément Moselle, qui profitent à l’ensemble du territoire : « les communes environnantes constatent entre 5 et 8 % de hausse du tourisme chaque année ». Autant d’exemple d’attractivité qui favorisent l’emploi local et la richesse du territoire.

« Ne pas manquer le rendez-vous sur l’A31 bis »

Mais le cœur des débats était la mobilité. À cette occasion, le Conseil départemental a voté à l’unanimité moins deux voix une motion spéciale consacrée à l’A31 bis. L’objectif : faire entendre la voix des élus mosellans dans l’enquête publique qui s’achève, en inscrivant cette délibération au registre du projet. « Nous défendons ce projet avec détermination car (…) la situation n’est plus tenable », affirme le président, rappelant qu’au nord du département, certains tronçons voient circuler plus de 100 000 véhicules par jour, ce qui « pénalise la qualité de vie, les travailleurs, les entreprises ». L’assemblée « refuse de subir ». « J’ai demandé aux communes et aux intercommunalités de délibérer aussi pour prouver que nous le voulons » Avant de résumer : « Il faut formaliser ça pour Paris, c’est une chance et nous ne devons pas la manquer ! »

« On a raté par méconnaissance ou politique politicienne le projet A32, il ne faut pas rater l’A31 bis », se réjouit le conseiller messin Patrick Thil. L’un des deux opposants de la motion, le communiste Luc Corradi, aurait voulu « qu’on sorte du conformisme, et de la vision productiviste exacerbée » regrettant « un manque de volonté pour changer de paradigme ». « On a besoin de cette autoroute, et de réfléchir sur la place que doit occuper les mobilités dans notre territoire », conclu le vice-président à l’Aménagement, David Suck.

Parmi les autres « rendez-vous à ne pas manquer » pour l’avenir du territoire figure également le développement du rail. « Mais maintenant, pas en 2030 », insiste l’élu, rappelant que le Département a accepté de financer des études portées par la Région sur le ferroviaire et l’aérien, « alors que ce ne sont pas nos compétences (…) et ces dossiers n’avancent pas ». Plusieurs projets sont ainsi remis en avant : la réouverture de la liaison Sarrebruck-Forbach-Thionville-Luxembourg, de la ligne Sarreguemines-Bitche-Niederbronn ou encore l’ouverture de la ligne Fontoy-Luxembourg.

« Fermer Lorraine Aéroport, ce serait un échec »

Sur le volet aérien, Patrick Weiten regrette avoir « appris dans la presse » les conclusions de la Chambre régionale des comptes sur l’avenir de Lorraine Aéroport. « Je m’interroge sur la méthode, il ne faudrait pas réduire l’aéroport à une simple ligne comptable (…) Pourquoi cette demande du préfet de la région ? Personne d’autre ne pouvait faire une étude sur l’opportunité d’avoir cet équipement ? », lance-t-il. « Imaginez un instant l’image de la fermeture de l’aéroport à la une des journaux, ce serait un échec ».

Le président appelle ainsi à bâtir un « projet territorial construit avec les élus, les acteurs économiques et les collectivités » afin d’éviter que « d’autres élus ne décident », tout en rappelant que l’aéroport du Findel, au Luxembourg, va « arriver logiquement à saturation ». Et précise avant même de subir des critiques : ces demandes sur le rail et l’aérien sont « des réponses aux préoccupations des Mosellans, et non de la politique », bref sans lien avec à sa prise de position sur la Lorraine.

Jonathan Vaucher
Jonathan Vaucher
Responsable de l'information numérique. Référent politique. Présentateur de Moselle Info Week-End.

plus de contenus du même auteur

Nos derniers reportages