Saisie par le Préfet, la Chambre régionale des Comptes a dévoilé les pistes pour redresser les finances de Lorraine Aéroport au motif d’un déficit excessif en 2025.
La Chambre régionale des comptes (CRC) Grand Est a constaté un déficit excessif dans les comptes 2025 de l’établissement public Aéroport Metz-Nancy-Lorraine. Dans un avis rendu le 21 mai 2026, la juridiction financière estime que le déficit réel dépasse largement le seuil légal de 5 % des recettes de fonctionnement. Saisie par le préfet de région, la CRC a donc examiné les comptes. Le bilan 2025 laisse apparaître un déficit global de clôture de plus de 2 millions d’euros, soit un taux de déficit de 27,16 % des recettes d’exploitation.
Au cours de son analyse, la Chambre a toutefois relevé une anomalie concernant 865 000 euros inscrits en « restes à réaliser » dans la section d’investissement. Selon elle, ces sommes correspondent en réalité à des crédits destinés à financer des investissements prévus en 2026 et non à des dépenses effectivement engagées en 2025. La CRC estime donc que ces montants doivent être ramenés à zéro. Après correction, le déficit global de clôture est réévalué à 1,15 million d’euros. Malgré cette révision, le taux de déficit demeure très élevé, à 15,48 % des recettes d’exploitation, soit plus de trois fois le seuil fixé par le Code général des collectivités territoriales.
« La chambre constate un déficit cumulé de la section d’exploitation de 4,2 M€ pour 2026. Au regard de l’ampleur de ce déficit, la chambre propose donc un plan de redressement pluriannuel sur cinq ans (2026-2030). » L’aéroport est actuellement assujettie aux versements de financements par l’aviation civile, mais aussi par la région Grand Est, ce qui ne lui assure une relative stabilité. Son redressement passerait alors par le développement de l’activité économique et un objectif de 200 000 passagers d’ici 2030. D’un autre côté, la révision de sa politique tarifaire en modulant les redevances appliquées aux compagnies aériennes et en augmentant les prix des parkings ou la location des surfaces commerciales « sans freiner le développement » de l’aéroport.
La CRC prévoit en outre la limitation des dépenses d’investissements pour ne les confiner qu’aux dépenses de sécurité et de sûreté, de maintenir les charges et dépenses liées au personnel (après un plan de licenciement récent) et une augmentation des recettes d’exploitation d’au moins 429 000 euros par an dès 2026.




