La Chambre régionale des comptes du Grand Est met en lumière une année 2025 marquée par des contrôles renforcés et des dossiers mosellans forts, notamment à Gandrange ou dans la métropole de Metz.
La Chambre régionale des comptes (CRC) du Grand Est dresse, dans son rapport d’activité 2025, le bilan d’une année marquée par une intensification des contrôles et un rôle renforcé d’accompagnement des collectivités. Avec 33,6 milliards d’euros de fonds publics passés au crible, l’institution confirme son rôle clé dans la surveillance de la gestion locale. Au total, ce sont 10 700 organismes locaux du Grand Est qui peuvent être contrôlés, mais principalement 5 200 communes. « Ce rapport montre un panel très étendu de domaines sous notre compétence, comme les EPCI, communes, organismes de logements, centres hospitaliers… et analyser la régularité, la performance et l’efficacité de leur gestion publique », explique Philippe Buzzi, vice-président. « Notre mission c’est de savoir comment est dépensé l’argent piblic, et mieux dépenser, ce n’est pas forcément moins dépenser », précise Carole Collinet, présidente de la 4e section. La CRC espère établir un lien de confiance et faire preuve de pédagogie avec les EPCI mais aussi les associations ou organismes qui disposent de financement public et donc peuvent être contrôlés. « L’an dernier, j’ai été positivement surpris par des collectivités qui nous ont saisi pour nous interpeller ur des situations délicates », termine le vice-président.
Parmi les temps forts, la CRC a mené 68 rapports publiés et 92 recommandations. « Certaines recommandations ne trouvent pas un écho rapidement, mais il faut mettre en lumière tous ceux qui suivent rapidement les procédures » : 80 % des recommandations ont déjà été mises en œuvre, signe d’un impact concret sur les politiques publiques. Concernant la Moselle, le département a fait l’objet de plusieurs contrôles ciblés, notamment sur des intercommunalités (Val de Fensch, Pays Haut Val d’Alzette), la métropole de Metz ou encore des communes comme Moulins-lès-Metz. La CRC annonce aussi une « évolution de son fonctionnement vers des enquêtes plus thématiques » conduites, notamment sur l’éducation artistique à Metz ou la reconversion des friches industrielles, enjeu majeur dans un territoire marqué par son passé industriel. Un contrôle sur le déploiement du réseau de transport dans l’Euro-métropole, et son besoin de modernisation, a lui aussi largement alimenté les débats et la campagne à Metz. Depuis peu, les communes peuvent aussi saisir la CRC pour des projets d’investissement de plus de 50 millions d’euros.
Autre illustration forte : le cas de la commune de Gandrange, dont le budget a été jugé déséquilibré. La CRC a imposé des mesures de redressement (hausse de fiscalité, réduction des dépenses), permettant finalement une action municipale pour un retour à l’équilibre en cours d’année, avant les élections. « La possibilité est ouvert aux collectivités de nous saisir depuis le code dans les 80. À ce jour, 3 ou 4 collectivités nous ont fait une demande cette année. On ne peut pas répondre à toutes les demandes parfois, mais il suffit d’un simple examen pluriannuels de la situation financière pour voir les risques. Le préfet peut aussi demander à la CRC s’il voit une nécéssité de procéder à un examen d’une commune ou une collectivité », précise le vice-président. Enfin, la Moselle se distingue aussi par sa dimension transfrontalière. La CRC a ainsi participé à une étude sur l’impact du travail frontalier luxembourgeois, enjeu économique majeur pour le territoire, ainsi qu’à un contrôle conjoint sur le bilinguisme avec l’Allemagne, une évolution qui se poursuivra en 2026.


