Mercredi soir, le conseil municipal de Bitche a été confronté à son premier choix difficile : voter une augmentation de la fiscalité locale. En cause, les importantes difficultés financières que les élus ont découvert à leur arrivée, en mars.
Une trésorerie à sec, un endettement sur 17 ans ou encore des comptes jugés insincères : voilà le tableau peu réjouissant de la ville de Bitche. Face à ces difficultés financières, le conseil municipal a voté, la semaine dernière, un plan d’austérité afin de tenter de redresser les finances de la commune.
« On ne voulait absolument pas augmenter les impôts. Nous n’avons pas été élus pour ça. Ce n’est vraiment pas de gaieté de cœur qu’on le fait aujourd’hui. On a fait le choix de la responsabilité. On aurait pu continuer à enfoncer la commune encore plus loin, même si c’est difficilement imaginable », explique Sophie Pastor, maire de Bitche depuis mars 2026.
« C’est juste lamentable »
Pour combler un déficit de 400 000 euros, la municipalité a décidé d’augmenter la fiscalité de 20%. Une mesure qui pèsera lourd sur les propriétaires.
« S’il faut payer un peu plus parce que la ville est en danger, alors je le ferai », confie François Meyer, habitant de la commune.
Martial Paignard, propriétaire d’un immeuble à Bitche, se montre plus partagé, sans pour autant tenir la nouvelle majorité pour responsable. « C’était malheureusement un mal nécessaire. On savait que ça allait arriver. Je paie déjà plus de 3 000 euros de taxe foncière pour mon immeuble. Vous imaginez ce que cette hausse va me coûter ? C’est juste lamentable », s’exaspère-t-il.
Un audit des finances communales a été réalisé par la Chambre régionale des comptes. Premier objectif : retrouver l’équilibre budgétaire dès 2026. En revanche, ce plan ne règle pas, à lui seul, les problèmes de trésorerie ni le poids de l’endettement.
Le vivre-ensemble mis en avant
« On est allé chercher partout tout ce qui pouvait permettre de ne pas augmenter les impôts ou, au moins, d’en limiter la hausse. On a commencé par arrêter les projets pointés par la Chambre régionale des comptes. Ensuite, on a regardé, ligne par ligne, où l’on pouvait encore réduire les dépenses », poursuit la maire.
Parmi les mesures retenues figure l’arrêt de tous les projets en cours. Si la loi permet, au nom de l’intérêt général, de résilier certains marchés, la commune devra tout de même indemniser les entreprises concernées à hauteur de 130 000 euros.
La municipalité devra également revoir l’organisation de plusieurs événements. « On cherche des systèmes D. Pour le 14 juillet, on a fait appel uniquement à des bénévoles. S’il y a un seul côté positif que je retiens de cette situation, c’est d’avoir finalement développé cette solidarité entre les associations, les commerçants et les habitants », souligne Sophie Pastor.
Pour surmonter ces difficultés, la municipalité entend désormais miser sur le travail collectif et le vivre-ensemble, deux axes qu’elle considère essentiels pour les prochaines années de la ville de Bitche.
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