Morgan Parra : « Il faut un rugby Lorrain exemplaire »

Morgan Parra était de passage au RC Metz Moselle en début de semaine. Le demi de mêlée de l’ASM Clermont Auvergne s’est livré sur ses liens avec le club mosellan, sa candidature au poste de co-président avec Hubert Barth, mais aussi sur son avenir sportif ainsi que sur le XV de France.

 

Quelles sont les raisons de cette visite au stade de la Grange au Bois ?
Je souhaitais simplement venir à la rencontre des gens. Cela fait quelques temps que je suis en contact avec Hubert Barth concernant un nouveau projet pour le rugby club de Metz et l’avenir du rugby en Lorraine. Il m’a proposé de faire un bout de chemin sur ce nouveau projet, je l’ai accepté. C’était important pour moi de revenir au sein du club, je sais déjà que quand je finirais ma carrière je ne viendrai pas jouer à Metz mais je voulais renvoyer l’ascenseur à un club qui m’a permis d’évoluer et qui fait partie de mon parcours vers le haut niveau. J’ai commencé en école de rugby ici et je suis parti à l’âge de 14 ans. Entre temps j’ai beaucoup évolué, beaucoup appris. Je veux rendre ce qu’on m’a proposé.

Le club n’a pas oublié, en témoignent les maillots au club house et le nom de « Parra » qui revient souvent dans les conversations. C’était une évidence que de venir se lier avec la nouvelle génération, l’école de rugby ?
Oui évidement. Il y a eu un projet avant, qui n’a pas marché mais on essaie de s’appuyer sur les bonnes choses qui ont été faites dans le passé, de redévelopper. J’ai eu la chance de pouvoir découvrir ce qu’il se fait ailleurs dans le rugby que ce soit au niveau amateur ou professionnel et il y a des choses à apporter. C’était important pour moi de rendre, d’autant plus en considérant que le club est dans la difficulté. Ils ont eu une saison très difficile, il y a aussi un trou financier et il faut retrouver des sponsors, des bénévoles, des gens qui veulent croire en ce projet et se développer avec nous.
C’est un tout, mon père, mon oncle, mon frère ont joué dans ce club et je veux redécouvrir ceux qui font le club aujourd’hui, je suis là pour m’imprégner de ce qu’il se passe. Il y a encore beaucoup d’inconnues que je cherche à combler avant d’apporter ma touche personnelle avec Hubert Barth.

Quel est l’avenir du club après cette saison compliquée en Fédérale 2 ? Des ambitions sportives moindres ?
Il n’y a aucune promesse à tenir sur un club de rugby qui évoluerait en Fédérale 1 ou qui jouerait en Pro D2 dans les années à venir, loin de là. Metz a découvert la Fédérale 2 avec une montée sur tapis vert, le club n’était pas prêt et avait besoin de se structurer aussi bien en interne qu’au niveau des équipes inférieures, l’école de rugby, pour pouvoir exister en F2.
Pour le moment le projet est très simple, c’est de viser le maintien, de retravailler et combler les manques dans la structure, que ce soit financièrement ou dans l’organisation des choses. Ensuite il faudra redévelopper, redynamiser. Il faut que le rugby en Lorraine soit exemplaire, que l’on travaille avec les clubs aux alentours pour développer au maximum et pourquoi pas devenir un des meilleurs clubs d’Alsace-Lorraine. Mais avant tout ça, il y a du travail.

La prochaine étape de ce projet de reprise est une assemblée qui aura lieu début juillet, pour le moment les choses sont théoriques.
Oui, bien sûr. Aujourd’hui on ne peut pas simplement dire que l’on reprend la présidence. Si quelqu’un se présente face à nous il y aura un vote et une assemblée pour le décider. Pour le moment nous essayons de gagner un peu de temps, de travailler en amont. Mais sans confirmation rien ne se fera.
C’est un projet qui vise à donner aux jeunes l’opportunité de se développer, de découvrir un bon niveau avant de se confronter à d’autres choses. On espère faire adhérer les gens à ça, rassembler des sponsors et pouvoir investir dans la formation. Il y a toujours eu des guerres de clubs dans les alentours et mon souhait est de faire travailler les gens ensemble.

« Quand on est sportif de haut niveau on veut pousser les limites au plus loin et savoir jusqu’où on peut aller. »

La saison 2021/2022 de Top. 14 touche à sa fin, mais le virage est plus important pour toi puisque tu quittes Clermont après 13 saisons. Qu’est-ce que ça représente ?
Ça représente d’énorme souvenirs. J’ai eu la chance de vivre de très belles saisons à l’ASM. Quand on est joueurs on veut vivre de belles choses, prendre du plaisir. Maintenant j’avais besoin d’un nouveau challenge, de vivre autre chose dans un fonctionnement différent et j’ai eu l’opportunité de rejoindre le Stade Français. Il me reste 3 semaines pour récupérer et ensuite j’essaierai d’apporter un maximum à ce club.

Justement, quel est l’objectif sportivement ? Montrer qu’à 33 ans on peut toujours performer au plus haut niveau ou plutôt s’engager dans la transmission vers les jeunes ?
Quand on est sportif de haut niveau on veut pousser les limites au plus loin et savoir jusqu’où on peut aller. Donc la première des choses sera de me challenger. Ensuite j’ai cette envie d’encadrer et d’apporter aux joueurs autour de moi ce que j’ai pu vivre par le passer et contribuer à redonner la place que mérite ce club qui a été un des meilleurs en France. Je veux redonner des couleurs au stade Français.

Il y a aussi eu une belle histoire avec le XV de France, une équipe nationale qui caracole ces derniers temps, quel est ton sentiment à l’approche du mondial 2023 en France ?
C’est une des plus belles équipes de France de l’histoire. Elle incarne la jeunesse, la fougue, le plaisir de jouer ensemble et de se confronter à ce qui se fait de mieux… Il y a une génération de fous et on va tous être derrière comme on l’a été pendant le dernier tournoi des 6 Nations.

Quand on a soi même vécu un grand chelem, en 2010, comment est ce que l’on vit ce que le XV de France a réalisé cette saison ?
J’ai vibré devant ces matchs, je suis un des premiers supporters de l’équipe de France de rugby. Ils échouaient depuis quelques années de très peu et il fallait qu’ils le gagnent enfin. Ça concrétise le travail qui est fait depuis quelques années.

 

Propos recueillis par Lucie Philippot et Matthieu Henkinet pour l’émission Moselle Sport.
Crédit photo : site officiel de l’ASM Clermont

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