Feu! Chatterton a enflammé la scène des Francofolies pour la 6e édition du festival. Entre début de carrière, pression et amour de la scène, entretien avec Sébastien Wolf et Clément Doumic.
Feu! Chatterton est un groupe français formé à Paris en 2011. Porté par la voix singulière d’Arthur Teboul, le groupe se distingue par une écriture très littéraire, proche de la poésie, et par un univers musical qui mêle rock, chanson française et arrangements souvent sophistiqués. Cinq membres composent le groupe : Arthur Teboul, Sébastien Wolf, Clément Doumic, Raphaël De Pressigny et Antoine Wilson.
Reconnu pour ses concerts intenses et habités, Feu! Chatterton occupe aujourd’hui une place singulière entre chanson, poésie et rock moderne. Entretien.
- Votre histoire débute au lycée. À cette époque, imaginiez-vous faire la carrière que vous avez aujourd’hui ?
Sébastien Wolf : « Quand on s’est rencontré en seconde, on n’imaginait pas avoir cette carrière, ni même devenir musicien. On avait tous une bande de potes et on s’est rendu compte, progressivement, qu’on adorait passer du temps ensemble à faire de la musique et donc c’est devenu une forme d’addiction. Puis on en a fait notre métier. On est hyper heureux de tout ça. Jouer dans un festival, comme ça, où tu as des énormes stars comme PLK, franchement, quand on avait 15 ans, on ne s’est jamais dit que ça pourrait arriver. »
- Le nom de votre groupe, Feu! Chatterton, est un hommage au poète anglais Thomas Chatterton. Il est important ce lien avec la littérature ?
Clément Doumic : « Sébastien parlait des années de lycée qu’on a vécu ensemble, ça a été des années d’expérimentation pour réussir à toucher du doigt la musique qu’on fait aujourd’hui. Ça a toujours été un peu ce postulat de départ, de réussir à lier les textes d’Arthur, qui sont des textes poétiques, avec de la musique qui est exigeante et qui sort des cadres.
- Vous étiez en résidence au musée du Louvre pendant plusieurs mois pour l’écriture de votre dernier album. En quoi cette immersion a-t-elle enrichi votre travail ?
Sébastien Wolf : « Quand on est artiste, évidemment, tous les arts nous influencent. Les arts plastiques, visuels, le cinéma, ce sont des arts qui nous ont toujours fascinés, et qui nous inspirent énormément. On a eu la chance de passer deux mois et demi au musée du Louvre pour créer le début de notre album Labyrinthe, et c’est vrai que c’était une chance unique de se retrouver comme ça, dans les couloirs de ce labyrinthe, et de pouvoir aller et venir à l’heure qu’on voulait, dans des moments où il n’y avait pas forcément beaucoup de public. Ça a influencé énormément le travail sur cet album. »
- Votre 3e album, « Palais d’argile » a rencontré un immense succès. Comment avez-vous vécu ce moment entre cet album et le dernier, « Labyrinthe » ?
Clément Doumic : « Il y a eu une grosse pression, et c’est pas pour rien que l’album s’appelle Labyrinthe. On s’est retrouvés dans une forme de labyrinthe mental quand on a créé ce quatrième album. Le succès de Palais d’argile, ça nous a mis un poids sur les épaules. Ce quatrième album a peut être été un peu plus tortueux que les autres à écrire, à composer, à produire. On a aussi perdu notre manager à cette époque-là, en plein milieu de la création de l’album, donc tout ça a fait qu’on a quand même eu une pression assez importante, oui. Puis c’est le premier album que l’on fait en indépendant, on a monté notre propre label et c’est la première fois qu’on décidé de tout, de A à Z, de toute la chaîne de création jusqu’à la chaîne de production, la diffusion, le marketing, la publicité etc. Il s’appelle Labyrinthe pour toutes ces situations-là. »
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