Depuis plusieurs années, Lorraine Nature Environnement traverse une période financière particulièrement délicate. Invitée de Moselle Info, sa co-présidente Maïthé Muscat explique pourquoi la fédération, qui rassemble 53 associations de protection de l’environnement en Lorraine, lance un appel à un soutien durable. Elle revient également sur les missions de l’association et les conséquences qu’aurait une disparition de cette structure.
Pourquoi Lorraine Nature Environnement est-elle aujourd’hui en danger ?
Maïthé Muscat, co-président de Lorraine Nature Environnement : « Les questions environnementales demandent de plus en plus d’attention, de travail et de réactivité. On en a un exemple avec les dossiers qui émergent régulièrement sur le territoire. Pour répondre à ces enjeux, il faut des moyens. Nous sommes une fédération de 53 associations. Nous fonctionnons grâce à des bénévoles, mais aussi avec des salariés. Et avoir des salariés suppose de disposer d’une trésorerie solide. Aujourd’hui, les financements ne sont pas à la hauteur des besoins et, surtout, ils stagnent. Cela fragilise l’équilibre de notre structure. »
Cette situation est-elle propre au secteur de l’environnement ?
« Non, c’est un phénomène plus large. Il y a une baisse des financements publics, mais aussi une certaine frilosité des mécènes ou des particuliers qui pourraient faire des dons. Cette conjoncture touche aussi le monde de la culture et bien d’autres secteurs. Les associations ont de plus en plus de difficultés à lancer de nouveaux projets et à équilibrer leur budget, surtout lorsqu’elles emploient des salariés. Même sans salariés, il faut des moyens pour mener des actions. »
Ce que Lorraine Nature Environnement apporte au territoire
Quelles sont concrètement vos missions ?
« Nous accompagnons et soutenons les 53 associations de protection de l’environnement en Lorraine. Cela passe par un accompagnement juridique, des formations, du travail en réseau sur des sujets comme la forêt ou l’eau, mais aussi par un soutien aux associations dans leurs démarches. Nous portons également le dispositif national Sentinelles de la Nature. Il permet aux citoyens de signaler des atteintes à l’environnement. Ensuite, nous faisons le lien avec les collectivités, les services de l’État ou les maires pour que ces situations soient traitées. Nous entretenons aussi des relations avec la justice, notamment avec les procureurs. Si nous ne pouvions plus porter ce dispositif, ce serait une véritable perte. »
Vous intervenez aussi sur les questions de préservation des espaces naturels…
« Nous avons signé plusieurs obligations réelles environnementales qui permettent de protéger des forêts sur le long terme. Nous portons aussi la voix des associations de protection de la nature dans de nombreuses commissions locales, départementales et régionales. C’est important que cette vision puisse être entendue dans les décisions publiques. »
Une trentaine de dossiers suivis devant la justice
Pourquoi les recours en justice sont-ils une mission essentielle ?
« Si les atteintes à l’environnement ne sont pas prises en compte par la justice, observées et éventuellement sanctionnées, alors on peut faire n’importe quoi. »
Combien de dossiers suivez-vous actuellement ?
« Une bonne trentaine. Certains dossiers durent un an ou deux, le temps que la procédure avance. D’autres s’étalent sur plusieurs années. Nous sommes partie civile dans plusieurs procès longs. Je pense notamment au dossier Nestlé concernant des décharges sauvages. Cela fait déjà plusieurs années que cette procédure est en cours, et nous attendons encore un délibéré. »
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