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Fumées d’incendies et ozone : « un cocktail particulièrement négatif » pour la qualité de l’air

Alors que les fumées de plusieurs incendies se sont propagées dans le Grand Est ces derniers jours, la qualité de l’air s’est dégradée dans plusieurs départements, dont la Moselle. Etienne Koszul, directeur général d’ATMO Grand Est, explique ce que contiennent ces fumées, les risques pour la population et les précautions à prendre.

Qu’est-ce que les Mosellans respirent concrètement depuis quelques jours ?

Etienne Koszul, directeur général d’ATMO Grand Est : « Ce que nous respirons depuis samedi soir, c’est le panache de fumée issu de plusieurs incendies de forêt. Trois feux ont impacté le Grand Est, dont un en Belgique, dans les Fagnes, qui est le plus important. Il y en a également eu un en Allemagne et un dans les Ardennes.

En fonction des vents, les fumées se déplacent et peuvent toucher différents secteurs. Les Ardennes ont d’abord été fortement impactées, puis la pollution a augmenté en Meurthe-et-Moselle, en Meuse et dans le nord du Bas-Rhin. La Moselle est également particulièrement concernée par le panache provenant de Belgique. »

Que trouve-t-on dans ces fumées ?

« Les fumées sont issues de la combustion de la forêt et du bois. Elles sont composées de nombreuses substances, mais l’essentiel est constitué de particules, notamment des PM10 et des PM2,5. On retrouve aussi différents gaz, comme le monoxyde de carbone, surtout à proximité immédiate des incendies, ainsi que des composés organiques volatils. Dans les particules, on trouve notamment des cendres, du carbone, des matières organiques partiellement brûlées, des hydrocarbures aromatiques polycycliques, mais aussi des traces métalliques ou du goudron. »

La canicule a-t-elle aggravé la situation ?

« Il y a deux phénomènes. D’abord, on n’aurait sans doute pas tous ces incendies sans un été caniculaire depuis maintenant deux mois. C’est une conséquence du phénomène météorologique et climatique. Ensuite, jusqu’à samedi environ, plusieurs départements étaient déjà concernés par des pics d’ozone liés aux fortes chaleurs. L’ozone est un gaz polluant irritant pour le système respiratoire. On est donc passé de l’ozone aux particules, avec un cocktail particulièrement négatif. »

Une situation exceptionnelle dans le Grand Est

Est-ce un épisode de pollution fréquent dans la région ?

« C’est assez rare. Des épisodes de pollution peuvent se produire, notamment lors de pics d’ozone en été ou de certaines situations hivernales, mais un épisode lié à des fumées d’incendies de forêt est beaucoup moins fréquent. On observe aussi cet été une évolution des épisodes de pollution liés aux incendies. Ils ne concernent plus uniquement le sud de la France, où les conditions sont habituellement très chaudes et sèches. Le phénomène touche également le Grand Est. »

Comment la situation devrait-elle évoluer dans les prochains jours ?

« La situation semble aller vers une amélioration, même s’il faut rester prudent. Parmi les incendies qui ont eu un impact ces derniers jours, au moins deux semblent maîtrisés ou circonscrits. L’incendie belge se poursuit toutefois.

Les conditions météorologiques devraient également nous être favorables. Les vents vont changer d’orientation et la région Grand Est devrait être moins touchée par un éventuel panache de fumée à partir de mercredi. Les épisodes pluvieux vont aussi contribuer à lessiver l’air et les particules. »

Des risques plus importants pour les personnes sensibles

Quels sont les principaux risques pour la population ?

« Les personnes sensibles doivent être particulièrement vigilantes : les jeunes enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes, les personnes souffrant de pathologies respiratoires, notamment les asthmatiques, mais aussi celles qui présentent des problèmes cardiovasculaires.

À court terme, une exposition à ces particules peut entraîner des irritations des yeux et des muqueuses, ainsi que des difficultés respiratoires. Mais même pour une personne en bonne santé, une exposition ponctuelle à des niveaux élevés de polluants n’est jamais anodine. »

Quels conseils donner aux habitants en attendant ?

« Il faut éviter de s’exposer au maximum et surtout éviter les efforts physiques importants. Ce n’est pas le moment d’aller faire du sport ou de multiplier les sorties nécessitant un effort physique. Il vaut mieux rester dans un espace fermé et, lorsque c’est possible, climatisé, et éviter de faire entrer trop d’air extérieur dans le logement. En temps normal, on recommande d’aérer pour améliorer la qualité de l’air intérieur. Dans une situation comme celle-ci, il vaut mieux limiter l’aération lorsque l’air extérieur est fortement chargé en particules. »

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Jean MILON
Jean MILON
Rédacteur en chef adjoint de MoselleTV. Présentateur de MoselleInfo.

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