spot_img
spot_img

« Économiquement, pour nous, ça va être très compliqué » : les artificiers face aux annulations

Les annulations de feux d’artifice liées au risque d’incendie pèsent lourd sur le secteur. À Thionville, où le spectacle a pu être maintenu, les artificiers misent aussi sur de nouvelles technologies, comme les drones.

C’est une réalité difficile à encaisser pour les artificiers. Fortes chaleurs et vigilance sécheresse obligent, de nombreux feux d’artifice ont été reportés, voire annulés. Un timing désastreux pour la profession. Matthieu Infanti, directeur d’Aquarêve, réalise, comme nombre de ses confrères, une grande partie de son chiffre d’affaires annuel à cette période. Tous ses spectacles prévus à moins de 300 mètres d’une forêt ont été déprogrammés. « Économiquement, pour nous, ça va être très compliqué », reconnaît-il.

Au-delà du manque à gagner, ces annulations posent également un problème logistique. « On va se retrouver dans une situation de problèmes de stockage de produits pyrotechniques. Tous les feux sont préparés. » L’enjeu est désormais de reporter les spectacles plutôt que de les annuler définitivement. Une solution privilégiée par la plupart des clients, mais qui reste soumise aux conditions météorologiques.

Drones et nouvelles technologies pour réduire la pyrotechnie

À Thionville, le traditionnel feu d’artifice de la Fête nationale illustre cette évolution du secteur. Une centaine de drones ont été intégrés au spectacle, avec des séquences intercalées entre les tableaux pyrotechniques. « On essaie d’y intégrer de plus en plus de nouvelles technologies dans nos spectacles, pour pouvoir diminuer la partie pyrotechnique », explique Matthieu Infanti. Drones, lasers ou encore lance-flammes représentent désormais entre 20 et 30 % de l’activité de l’entreprise. Des alternatives encore loin de remplacer totalement les feux d’artifice. « La pyrotechnie restera toujours la pyrotechnie. En termes d’impact, que ce soit visuel ou sonore, on n’arrive pas à avoir le même avec d’autres technologies. »

À Thionville, la préparation du spectacle a nécessité deux jours de travail sur le terrain et plusieurs semaines en amont. Sur une longueur de 150 mètres, près de 150 boîtiers ont été installés pour commander 1 500 départs de feu, synchronisés avec la musique. Pendant une vingtaine de minutes, des dizaines de milliers de spectateurs ont assisté au spectacle depuis les berges. « C’est un événement à partager en famille. Ça regroupe tout le monde », témoigne une spectatrice. Quelques départs de feu ont été signalés au cours de la soirée, mais tous ont rapidement été maîtrisés. Face à l’évolution des conditions climatiques, la diversification des spectacles pourrait encore s’accélérer. Sans, pour l’heure, faire disparaître la pyrotechnie.

Retrouvez l’actualité près de chez vous sur moselle.tv.

Jean MILON
Jean MILON
Rédacteur en chef adjoint de MoselleTV. Présentateur de MoselleInfo.

plus de contenus du même auteur

spot_img

Nos derniers reportages