Les deux streamers qui animaient la chaîne sur laquelle Raphaël Graven, alias Jean Pormanove (JP), est décédé en direct à l’été 2025, ont été condamnés ce mercredi 5 août par le tribunal correctionnel de Nice.
Les deux streamers Naruto et Safine, qui animaient la chaîne sur laquelle Raphaël Graven, alias Jean Pormanove (JP), est décédé en direct à l’été 2025, ont été condamnés ce mercredi 5 août par le tribunal correctionnel de Nice. Ils écopent de peines de prison avec sursis pour des faits de violences et d’humiliations en ligne, dans une affaire devenue emblématique des dérives de certaines plateformes de streaming.
Le procès, qui s’était tenu début juillet, ne portait pas sur la mort de Raphaël Graven, décédé à l’âge de 46 ans dans son sommeil alors qu’il était en direct sur la plateforme Kick. Originaire de Woippy, il était suivi par plus de 500 000 personnes sur les réseaux sociaux. L’enquête sur son décès avait été classée sans suite en février après les conclusions de l’autopsie.
En revanche, les juges ont condamné Owen Cenazandotti, alias Naruto, à deux ans de prison avec sursis et 15 000 euros d’amende. Safine Hamadi, dit Safine, écope de 18 mois de prison avec sursis et de 5 000 euros d’amende. Tous deux se voient également infliger une peine de « bannissement numérique » de six mois, leur interdisant de publier sur les plateformes en ligne pendant cette période.
Les deux hommes étaient poursuivis pour les violences et humiliations infligées à Jean Pormanove ainsi qu’à un autre participant, Stéphane G., alias Coudoux, un quadragénaire placé sous curatelle, au cours de milliers d’heures de diffusion en direct entre 2023 et 2025 sur Twitch puis Kick.
Gifles, coups de pied, coups de fouet…
Lors du procès, les images diffusées ou décrites à l’audience ont montré des gifles, des coups de pied, des coups de fouet ou de batte de baseball, ainsi que des cris volontairement poussés dans les oreilles des victimes. La procureure avait dénoncé un « système de maltraitance humaine », estimant que « les violences sont le programme, elles font le scénario ».
Le parquet avait requis des peines plus sévères : 30 mois de prison, dont un an ferme sous bracelet électronique contre Naruto, 18 mois de sursis probatoire contre Safine, ainsi qu’un « bannissement numérique » à vie pour les deux hommes.
À l’audience, les deux streamers avaient défendu un concept destiné, selon eux, à provoquer les colères spectaculaires de Jean Pormanove dans une ambiance qu’ils qualifiaient de bon enfant. « On était une bande de potes, c’était juste notre délire », avait affirmé Stéphane G., refusant de se considérer comme une victime.
À son apogée, la chaîne diffusait chaque soir devant près de 20 000 spectateurs et était devenue la plus regardée de France sur Kick. Parallèlement à cette condamnation, une enquête est toujours en cours à Paris afin de déterminer le rôle de la plateforme Kick, notamment sur les rémunérations versées aux streamers et les éventuels manquements dans la modération des contenus. Une autre enquête porte également sur leur situation fiscale, les deux hommes n’ayant jamais déclaré leurs revenus.
© Agence France-Presse
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