Pendant une journée, Jérôme End nous a ouvert les portes de sa nouvelle vie, comme député de la 4e circonscription, quelques jours après sa prise de fonction.
Son engagement politique date d’un quart de siècle, mais il est connu sur son territoire depuis son élection au conseil municipal de Vic-sur-Seille en 2014. Son ascension est passée par la communauté de communes du Saulnois, le conseil régional mais aussi la présidence du parc naturel régional de Lorraine et la mairie de sa commune. Peu avant les élections, nous lui avions posé la question de ce cas pas unique, mais plutôt rare, qui pouvait arriver en mars. Si le député LR Fabien di Filippo était élu maire de Sarrebourg, son suppléant devait prendre sa place. Sauf que Jérôme End postulait aussi à sa propre succession à Vic. En cas de victoire, il aurait un choix à faire.
Le 21 avril dernier, il a donc fait ce choix. Celui de ne pas laisser passer une chance, dans un mandat très court d’un an, de se faire une place au Palais Bourbon. Après avoir démissionné de tous ses postes, tout en restant conseiller municipal, Jérôme End a bien choisi la députation. « Pour me sentir encore plus utile ». Pas une consécration, pas un aboutissement, mais « la récompense d’un travail et d’une honnêteté dans ma démarche depuis 25 ans ». Deux jours après sa prise de fonction officielle, une passation symbolique d’écharpe a lieu dans sa commune, avec le désormais ex-député de la 4e circonscription, mais aussi Alain Marty, le précédent député et maire de Sarrebourg.
Il aura fallu deux bonnes semaines à Jérôme End pour prendre ses marques. Découvrir les coulisses du Palais Bourbon, son fonctionnement, mais aussi la vie au sein du parlement. Lui qui ne veut pas oublier le terrain, et son territoire, il va devoir passer quelques nuits sur place. Il a donc aménagé ses nouveaux bureaux pour pouvoir y dormir. Ce 6 mai, nouvelle étape : les questions au gouvernement. Dans l’hémicycle, il reçoit des applaudissements et un petit mot de la présidente pour son arrivée. Sa question porte sur Aliapur, et sa gestion financière. Dossier à l’appui, rapport d’activité en main, il demande au gouvernement d’être plus strict sur les éco-organismes, et met sur la table un projet à Dieuze qui est touché.
Le ministre lui répond, lui donne raison, l’invite à prendre contact avec ses services pour enquêter sur ce fonctionnement. « C’est une bonne réponse pour le sujet, et pour les agriculteurs », confie-t-il à ses collaboratrices après la séance, ravi d’avoir obtenu un accord du gouvernement. Le stress retombe, il reçoit de nombreux messages de ses proches qui ont suivi la grande première en direct. En deux minutes, il a du être précis sur deux sujets qu’il a du résumer plus tôt en 10. « Barnier m’a donné un conseil un jour : il faut se spécialiser sur un sujet ». Une façon pour un député d’être reconnu sur des thématiques spéciales, et pouvoir mieux porter la voix des concitoyens. Jérôme End voudra défendre la ruralité à Paris, et ne pas oublier « les Vicois qui m’ont fait ». Dès que possible, il va ouvrir des permanences décentralisées pour couvrir du Saulnois aux Vosges, dans cette grande circonscription où Sarrebourg restera sa permanence officielle.


