spot_img

Autocars Schidler : « le carburant représente 25 % de notre coût de fonctionnement »

La flambée des prix du carburant, liée aux tensions internationales au Moyen-Orient, commence déjà à se faire sentir en Moselle. Pour les entreprises de transport, l’impact à long terme risque d’être catastrophique.

La hausse des prix à la pompe inquiète particuliers comme professionnels. Concrètement, quel impact cela a-t-il sur votre activité ?

Benjamin Bieber, directeur général des Autocars Schidler : « Aujourd’hui, l’augmentation des cours du carburant (cf tableau ci-dessous) a un impact réel. Une société comme la nôtre consomme plus d’un million de litres de gasoil par an. Donc imaginez une augmentation de 20 centimes ou plus : l’impact est important sur la marge et sur le résultat de l’entreprise. Le carburant représente environ 25 % de notre coût de fonctionnement. Ces hausses vont malheureusement devoir être répercutées sur les clients finaux, ce qui entraîne une augmentation de nos coûts ».

Avez-vous déjà dû adapter votre organisation depuis le début de cette flambée des prix ?

« Oui, dès le début de cette situation, nous avons anticipé. Nous avons commandé du gasoil chez notre fournisseur pour remplir nos cuves sur nos deux sites, à Metz et à Bouzonville. Aujourd’hui, nous avons environ 80 000 litres en réserve. Cela nous permet de tenir environ trois semaines et de voir venir. »

Le gouvernement a annoncé des contrôles sur les hausses de prix dans les stations-service. Qu’en pensez-vous ?

« Je trouve que c’est une bonne chose. Certaines stations-service avaient encore du carburant en stock, mais ont tout de même augmenté leurs prix. On peut avoir l’impression qu’elles en profitent pour faire de la marge. Quand on regarde la bourse, les seules actions qui ont vraiment grimpé sont celles des groupes pétroliers. »

Le secteur touristique en danger ?

Si la situation au Moyen-Orient devait durer, quelles seraient vos solutions ?

« Nous allons surtout anticiper davantage nos commandes de carburant. Habituellement, on commande 24 à 48 heures avant. Désormais, nous allons nous y prendre plus tôt et éviter d’attendre que les cuves soient presque vides pour refaire le plein. L’objectif est aussi de surveiller de près le coût du carburant. »

Certaines activités pourraient-elles être plus touchées que d’autres ?

« Le transport scolaire ne devrait pas être pénalisé puisqu’il est pris en charge par les collectivités. En revanche, le transport touristique pourrait être plus impacté. Si nous devons augmenter nos prix et que, dans le même temps, le coût de la vie augmente pour les particuliers, certains clients auront moins de budget pour voyager. Or, le tourisme représente plus de 45 % de notre activité. C’est donc un secteur que nous allons devoir surveiller et peut-être adapter, notamment en modifiant certaines offres ou destinations. »

© https://carbu.com/france/prixmoyens

Retrouver l’interview en intégralité dans Moselle Info, édition du mercredi 4 mars 2026.

Jean MILON
Jean MILON
Rédacteur en chef adjoint de MoselleTV. Présentateur de MoselleInfo.

plus de contenus du même auteur

Nos derniers reportages