Pierre Cuny et Michel Liebgott ont dressé la feuille de route de Thionville-Fensch Agglomération pour 2027, avec de nombreux projets structurants.
A l’occasion de sa rentrée, la nouvelle grande agglo de Thionville Fensch a mis l’accent sur le développement du numérique, notamment sur des friches industrielles, afin de préparer son avenir. Mais durant la conférence, son président Pierre Cuny a salué des chantiers conséquents pour 2026/2027 et une agglo « unique en France » : « on ne nous a pas demandé de fusionner, on l’a voulu ». Six mois après, « TFA est en pleine bourre », résume le maire Horizons de Thionville. Car TFA c’est 300 millions par an de budget dont 150 en investissement, « soit plus d’un milliard de capacité sur le mandat, c’est une certaine forme de sérénité ».
Un campus à l’U4, avec le numérique en ligne de mire
Et c’est sur le site de l’U4 à Uckange qu’il a choisi de rassembler la presse et les élus. « Un symbole, car cela préfigure ce qu’on veut pour le territoire du futur. Ici il y a un objectif patrimonial avec ce magnifique stigmate de la sidérurgie. On va créer un écosystème autour du numérique. Donc avec le Digital Lab, on va installer un campus universitaire autour de l’industrie et du numérique ». Mais le campus de Yutz ne sera pas en reste puis qu’une fac de droit va l’intégrer. « Et puis il y a la culture : on est en train de voir avec CulturEspaces si on s’engage sur le chemin de l’art numérique avec eux ». Pour l’instant, le projet est en réflexion : il faut d’abord mettre 15 millions pour rénover l’ancienne salle des compresseurs, avant d’installer un mapping à l’intérieur avec l’objectif de 400 000 visiteurs par an. La rentrée a été l’occasion de visiter « Meta Fensch », une autre entreprise installée à l’U4, dans les anciens grands magasins. Ici, on modélise des projets importants dans l’armement ou l’industrie, une figure de proue pour la technologie de pointe.
L’attractivité de la sidérurgie
A côté, à l’entrée des hauts fourneaux, le projet de modernisation est lancé, 10 ans après l’ouverture au public. Nouvelles salles d’exposition ou de conférences, mais surtout « un espace ouvert toute l’année, y compris sous la canicule ou le froid sibérien », annonce Michel Liebgott, maire PS de Fameck, qui veut y démontrer « la place de l’industrie et de la sidérurgie dans notre territoire et notre économie, encore aujourd’hui ». Patrimoine, industrie et culture : un projet similaire suivra aux mines de fer de Neufchef.
Un nouveau siège à Yutz
En plus de l’U4, de CulturEspaces et des mines de fer, Pierre Cuny dresse ses autres grandes thématiques. « Et ce ne sont que des projets à court terme, sinon on en aurait pour la journée ». Du côté des infrastructures, le maire-président va poursuivre la rénovation et le développement des équipements du territoire d’ici 2027, avec notamment un multi-accueil et un nouveau bassin à Thionville, l’extension et la réhabilitation de Féralia à Hayange, et la construction du nouveau siège politique de l’agglo dans l’ancienne CCI de Yutz. « On dépensait jusqu’à 400 000 euros par an en location jusqu’à maintenant ».
Une usine de décarbonatation
L’un des plus gros projets, c’est peut-être l’eau. « Sous notre sol, nous avons une véritable pépite », confie Pierre Cuny qui détaille un projet en réflexion depuis plus de 30 ans, avec l’administration Demange. « Plus de 40 000 km de galeries sont noyées sous notre sol », explique Michel Liebgott. Si Thionville capte déjà ces eaux d’exhaure et en intègre une petite partie dans les robinets, « elle est encore dure ». D’ici à 2028/2029, sur le site de la Briquerie, une usine de décarbonatation est prévue. A terme, de l’eau moins calcaire coulera dans les réseaux de l’agglomération.
Capter l’eau de Cattenom pour chauffer l’agglo
Autre façon de produire de l’énergie : Cattenom. Mais pas avec l’électricité de la centrale nucléaire. « Le réseau de chaleur fatal », c’est le projet ambitieux de tout le nord-mosellan, « un projet unique » et qui intéresse EDF. La méthode ? Capter les vapeurs d’eau des cheminées de la centrale et la convertir en chaleur pour TFA. « C’est une source d’énergie quasiment illimitée » avance Pierre Cuny. Avec ce projet, tous les équipements de la communauté seront chauffés. Le président a aussi redis sa volonté d’accueillir deux EPR à Cattenom et s’assurer de l’exploitation de la centrale jusqu’en 2060.
300 hectares de friches
Pour l’économie, les deux présidents de l’agglo vantent les 165 hectares de friches, notamment d’ArcelorMittal, à décloisonner pour créer une immense zone d’aménagement concertée entre Hayange et Uckange. Malgré le projet partenarial d’aménagement (PPA), « c’est encore complexe » dit Liebgott. Cuny se veut plus optimiste : « il y a même jusqu’à 300 hectares si on va jusqu’à la gare de Thionville ». Pour cela, TFA doit « se doter d’un aménageur » pour l’agglomération. « Le projet tiendra compte des contraintes actuelles, des habitants mais aussi de la biodiversité. On veut en faire une vitrine écologique », imagine le maire de Fameck. 30 000 nouveaux logements et plus de 5 millions d’euros sont engagés d’ici à 2027.
La fin du BHNS
Autre gros travaux, les transports. « TEMO doit devenir l’interlocuteur de la mobilité au sens large, y compris scolaire », précise le président devant Rémy Dick, président du syndicat et maire de Florange. Le maire d’Hayange, qui a supprimé un service scolaire, considère que c’est à TEMO d’assurer les frais. « Moi, je ne ferme pas un service à une semaine de la rentrée, dit Pierre Cuny. Et en général dans nos communes, on sait s’adapter si on a besoin de transporter des enfants ou des seniors. Je souscris à ce qu’a répondu Rémy Dick : TEMO définit le cadre et il n’y aura pas d’euro dépensé pour du transport scolaire supplémentaire ». Le projet principal restera de finaliser les travaux du vieux serpent de mer du BHNS, fin 2026/début 2027.
Une foncière de l’habitat et un G5 nord-mosellan
Autres chantiers : le logement, avec la création d’une foncière de l’habitat qui aura pour but de racheter, réhabiliter et remettre rapidement sur le marché les 7000 logements vacants sur la Fensch, et 10 000 au total sur l’agglo. Mais aussi le développement d’une solidarité communautaire, par exemple avec un fonds de réserve, pour pallier aux problématiques climatiques à venir : sécheresse, inondations, canicule, ou même feux de forêt. « Nous avons 850 hectares sur l’agglomération, c’est la deuxième étendue la plus vaste en Moselle ». Au niveau « géopolitique », la création d’une méga-EPCI nommée Pays Thionvillois Trois Frontières, regroupant TFA, l’Arc Mosellan, le Bouzonvillois, le Pays Haut Val d’Alzette et la CC de Cattenom et Environs. « Cela permettra de faciliter les choses dans le transport, l’aménagement ou le tourisme ». Enfin, l’attractivité passera aussi par la nomination d’un ambassadeur, Sylvain Kastendeuch, le premier pour le territoire.



