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Manifestation interdite à Metz : bras de fer entre la préfecture et la CGT

La préfecture de la Moselle a interdit la manifestation déclarée par l’union départementale de la CGT, prévue ce samedi 24 octobre dans le centre-ville de Metz.

L’annonce se faisait attendre. Alors que plusieurs préfectures avaient déjà communiqué les mesures prises en vue de cette nouvelle journée de mobilisation, celle de la Moselle a entretenu le suspense jusqu’à ce vendredi, en début de soirée, avant de dévoiler ses décisions. La CGT Moselle avait déclaré une manifestation de 14 h à 16h30, avec un départ de l’Esplanade et une arrivée au parvis des Droits de l’Homme, en traversant les principales artères du centre-ville.

Face aux risques identifiés sur le parcours initial et aux garanties jugées insuffisantes concernant le service d’ordre, le préfet de la Moselle, Pascal Bolot, a proposé un itinéraire alternatif, avec un départ et une arrivée au parc de la Seille. Un tracé qui n’a pas convaincu l’organisateur. Faute d’accord, la préfecture a finalement décidé d’interdire la manifestation.

Pour justifier sa décision, elle rappelle les débordements du 17 octobre dernier à Metz. Selon son bilan, environ 400 personnes s’en étaient prises aux forces de l’ordre et à des commerces, dont deux avaient été pillés. Onze policiers avaient été blessés, 17 départs de feu recensés et six interventions pour secours à personne réalisées.

La CGT dénonce une décision « injustifiée »

Dans plusieurs publications diffusées sur ses réseaux sociaux, la CGT Moselle présente une tout autre lecture de la situation. Le syndicat affirme avoir proposé un parcours évitant le plein centre-ville, afin de tenir compte des événements du 17 octobre. Il souhaitait toutefois conserver un point de rendez-vous connu : l’Esplanade, place de la République. Selon lui, ce choix devait permettre d’éviter la dispersion du cortège et de faciliter la sécurité du rassemblement.

La préfecture a finalement proposé un autre itinéraire, passant par le parc de la Seille. Un parcours que la CGT juge trop éloigné des lieux habituels de mobilisation et qui rendrait la manifestation « quasiment invisible ». Le syndicat estime que les organisateurs n’ont eu d’autre choix que d’accepter cet itinéraire ou de voir leur manifestation interdite. Il qualifie cette situation de « chantage » et considère que les restrictions au droit de manifester doivent rester nécessaires et proportionnées. La CGT souligne également que, selon elle, les débordements du 17 octobre ne se sont pas produits au sein de ses cortèges. Elle refuse donc d’être tenue pour responsable de ces événements.

De son côté, la préfecture rappelle qu’organiser une manifestation malgré son interdiction expose à des sanctions pénales. La participation à un rassemblement interdit est, quant à elle, passible d’une contravention de quatrième classe. La CGT maintient sa position et invite ses sympathisants à suivre ses comptes officiels pour connaître les consignes prévues pour ce samedi.

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Jean MILON
Jean MILON
Rédacteur en chef adjoint de MoselleTV. Présentateur de MoselleInfo.

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