Alors qu’une plainte est déposée contre l’association de la Protection Civile de Moselle, un ancien président donne sa version de l’affaire de « détournement » d’un bénévole.
« S’il y a eu une faute de ma part, c’est d’avoir négligé de rappeler à ce pompier ce qu’implique le bénévolat : de la mesure, de la sobriété, mais rien de plus ». Depuis la révélation de l’enquête sur un ancien bénévole de la Protection civile de Moselle, cet ancien président est abasourdi. Bénévole depuis les années 1980, président pendant de nombreuses années, Léon* a bien connu la personne citée dans l’affaire et soupçonnée d’avoir « détourné jusqu’à un million d’euros » selon les informations de Marianne. « Personnellement, je n’ai jamais rien touché, pas pris un seul centime. Cependant, beaucoup de choses qui ont été écrites sont fausses », explique à Moselle TV celui qui est aujourd’hui toujours adhérent de l’organisation.
« Pour comprendre le dossier, il faut savoir que l’association ADPC57 est bénévole. Mais elle reconnaît des antennes dans des grandes villes de Moselle, comme celle de Metz. Ce ne sont pas des structures associatives au sens juridique du terme ». L’une d’elle était basée à la caserne de Metz, chez les sapeurs-pompiers. Ici, on y faisait des formations, « ce n’était pas un poste de secours ou d’intervention ». Une structure différente des autres antennes de Moselle, avec une particularité bien à elle : « c’était la seule qui rémunérait ses membres », des moniteurs, une secrétaire et le président de cette antenne, la personne visée dans l’affaire. « En fin d’exercice, ils devaient reverser le solde à l’ADPC57 ». Des antennes qui gèrent donc leurs trésorerie en indépendance, et dont le bilan est compilé en fin d’année par l’assemblée générale départementale. « Le président ne va qu’une fois par an dans ces antennes. Leur bilan était toujours très propre, il était vérifié par un réviseur aux comptes qui m’a toujours donné quitus… »
Contrairement au million d’euros annoncé, cet ancien président estime à 300 000 euros le « manque » sur 20 ans. Un détournement ? « Non, une somme qui n’a pas été versée. Ce solde a en effet baissé d’années en années alors que les formations, qui duraient 5 jours à l’époque, se sont raccourcies jusqu’à une journée, voire deux heures. Mais la dernière année, nous avions encore 10 000 euros de cette antenne ». S’il constate un défaut « d’ordre moral », Léon estime que le pompier accusé n’est pas « hors la loi » pour autant. « Est-ce que j’aurais du être plus présent sur le terrain, faire plus attention à la moralité de cette personne ? Oui. Mais il n’y a eu aucune conséquence sur le plan financier de l’association ». La plainte pour abus de confiance, déposée par l’ADPC57 en 2024 vise l’antenne et non le pompier volontaire qui la présidait. La personne mise en cause a de son côté quitté le département.
* nom d’emprunt



