J-1 avant une nouvelle journée de mobilisation. A Metz, certains commerçants barricadent leur magasin, d’autres garderont la clé sur la porte pour fermer rapidement en cas de débordement, mais la plupart des commerçants restent confiants.
Avant « l’acte II » des Gilets jaunes ce samedi 24 octobre, l’ambiance au centre-ville reste tendue. Les passants et habitants du centre ville craignent de nouveaux débordements, c’est le cas de Brigitte. Elle est habituée à sortir le chien de sa fille qui peine à se déplacer, alors pour promener Toundra, le golden retriever de 4 ans il faudra bien choisir son moment :
« ça inquiète quand même parce qu’on n’a pas envie de voir du feu ou des choses comme ça. »
Comme beaucoup, elle soutient les manifestants et regrettent ce climat de violence. Blandine, habite Montigny-lès-Metz : « je ne peux pas manifester parce que je travaille samedi, mais sinon je serais allée dans la rue. »
Moins de monde au centre ville de Metz
Guy habite à Paris, avec sa compagne ils avaient prévu ce séjour à Metz depuis longtemps. Face à la situation, il précise : « on s’est posé la question au vu des événements du week-end dernier et de l’appel à manifester à nouveau ce week-end, si c’était sage d’aller à Metz ou s’il fallait plutôt rester chez nous. Mais on s’est dit qu’il ne fallait pas que ça nous freine. En espérant qu’effectivement les défilés se passeraient dans le calme. »
Dans les magasins, les clients ne sont pas très nombreux, c’est en tout cas le constat des commerçants. Depuis le début de semaine, tous remarquent une baisse de la fréquentation, une conséquence de la mobilisation du 17 octobre ? Le résultat d’une semaine de vacances scolaires ? Les professionnels ne connaissent pas la réponse. Une chose est sûre, dans la rue des Clercs, là où le magasin Sandro s’est fait dévaliser, certains commerçants se barricadent, d’autres sont plus confiants comme Estelle :
« On restera ouvert samedi, on adaptera nos horaires, on va ouvrir plus tôt et si ça dégénère on fermera. »
La semaine dernière, après le troisième passage des manifestants, elle a fermé sa boutique. Elle est tout de même repassée dès le dimanche matin pour vérifier que son commerce n’était pas touché.

Isabelle est gérante d’un magasin rue Taison « Les âmes galantes« , elle est présente depuis 25 ans. Elle affirme : « Si je vois que ça évolue négativement, je prévoirais de protéger ma vitrine au moins d’une façon hermétique. Un tissu blanc pour éviter de tenter le diable. » Et elle éteindra les lumières son commerce. Si samedi dernier, elle n’était pas angoissée, elle appréhende un peu plus cette nouvelle mobilisation.
« Hier, deux jeunes sont venus me demander si je voulais qu’ils m’aident à barricader ma boutique. Je ne sais pas quoi en penser… »
Pour la cordonnerie Bodereau, pas de questionnement pour Valérie : « on sera bien ouvert » en revanche : « Je pense que la clé va rester dans la serrure une bonne partie de l’après-midi. Et si la situation se dégrade réellement, on mettra le magasin dans le noir et chacun rentrera chez soi. »
Les sociétés de sécurité privée croulent sous les demandes
A Metz, Hexagone sécurité a reçu plus de 10 coups de téléphone de commerçants qui cherchaient à protéger leur magasin. Florence Noël est la directrice d’agence à Metz : « L’agent de sécurité classique n’est pas plus armé qu’un commerçant. On ne veut pas envoyer nos agents de sécurité seuls sur une boutique où ils vont se retrouver avec une cinquantaine de manifestants, voire plus. On tient à nos agents de sécurité. Pour les protéger, on a refusé toutes ces prestations. »
La CGT a proposé un parcours qui évite le centre-ville avec l’Esplanade comme point de rendez-vous, mais la préfecture demanderait un parcours plus éloigné.
Plusieurs rendez-vous sont annoncés à Metz demain, un premier dès 8h30 au rond-point du Leroy Merlin, un autre à 10h boulevard de la Solidarité. L’après-midi, une manifestation est prévue à 14h place de la République, puis un rassemblement à 17h place de la Comédie.



