Fortes chaleurs riment avec sécheresse en Moselle. Si la chaleur est déjà désagréable pour les êtres humains, elle l’est tout autant pour la faune et la flore locales. Maraîchers et pêcheurs sont tous deux confrontés à cette problématique, mais de différentes manières.
« Ça, c’est le gros problème, se soucie Romain Vatry, maraîcher à Manom. Là, cette tomate, elle va être mûre d’ici trois jours, mais elle sera trop petite. Il y a quand même du beau calibre qui arrive derrière, mais j’espère vraiment qu’il va rapidement faire moins chaud pour qu’elles puissent grossir et mûrir normalement. »
Des légumes trop petits, des plants qui ont séché et une interdiction d’arroser pendant la journée : voilà le quotidien des maraîchers en cette période de sécheresse.
Obligé de s’adapter
Une production impactée jusque dans les rayons, comme l’explique Romain : « S’il y a moins de production, les produits seront plus rares et donc plus chers pour le consommateur. Et malheureusement, on ne peut rien y faire. »
Alors, le maraîcher tente de s’adapter au mieux pour sauver ses cultures. « On arrose la nuit et on arrête au petit matin. Ensuite, pendant la journée, on déplace les arroseurs pour le soir. On essaye de faire tourner pour que toutes les cultures aient au moins deux irrigations correctes dans la semaine, minimum, parce que sinon, on va à l’échec. »
Les cours d’eau également touchés
Autre conséquence des fortes chaleurs : la température des cours d’eau. Elle est 5 degrés au-dessus des normales de saison.
« Le gros problème, c’est le manque d’oxygène dans les rivières en raison de la température. Actuellement, dans la Seille, on est à une température de 25 degrés, donc on se rapproche quand même des températures létales. À partir de 28 degrés, il y aurait de la mortalité », explique Alain Cognée, vice-président de la Fédération de pêche de Moselle.
Et parmi les espèces les plus impactées figure le brochet. La Fédération compte également sur ses 25 000 pêcheurs pour faire remonter les informations recueillies sur le terrain, afin de protéger au mieux les poissons.
« S’il y a des endroits où les poissons viennent piper l’oxygène en surface, ça veut dire qu’il faudrait venir les pêcher, et c’est ce qu’on fait. On réalise des pêches électriques pour sortir les poissons, les transporter dans des bacs bien oxygénés et les mettre dans des endroits plus propices afin qu’ils puissent survivre », rapporte Alain Cognée.
Dans les exploitations comme dans les cours d’eau, un peu de répit est espéré. Les orages annoncés pourraient bien ravir maraîchers et pêcheurs.
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