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Julien Ruaro, l’élu qui avait démissionné contre son gré, privé d’un jugement au fond

Le tribunal administratif de Strasbourg a décidé de ne pas traiter la question du recours de Julien Ruaro, qui contestait la perte de son mandat après une fausse lettre de démission.

Le feuilleton judiciaire autour d’une fausse lettre de démission à Coin-lès-Cuvry connaît un nouveau rebondissement. Le tribunal administratif de Strasbourg « a décidé de ne pas traiter la question », lundi, de la fausse démission de l’ancien conseiller municipal d’opposition Julien Ruaro, non pas à cause du fond de l’affaire, mais pour des raisons de procédure, explique son avocat à Moselle TV. Âgé de 40 ans, l’ingénieur avait été élu en 2020 au conseil municipal de cette commune de 800 habitants située près de Metz. Membre de l’unique liste candidate, il était rapidement devenu la principale voix d’opposition au sein de l’assemblée, contestant plusieurs décisions qu’il estimait illégales.

En janvier 2024, la maire Anne-Marie Linden-Guesdon, recevait alors une lettre signée de sa main, l’informant de sa démission, et en avait pris acte sans vérifier l’origine. Ruaro avait alors contesté ce message et donc son éviction du conseil municipal. Ce n’est qu’en mai 2025, grâce notamment à l’expertise d’un graphologue qui attribuait à quelqu’un d’autre les mentions manuscrites sur le courrier, qu’il avait obtenu gain de cause en référé et pu réintégrer le conseil municipal jusqu’à la fin du mandat.

Mais après la procédure en référé, le tribunal devait encore statuer sur le fond du dossier, et Julien Ruaro a finalement vu sa demande rejetée lundi pour des raisons de procédure. Le tribunal a estimé qu’il n’avait pas présenté un rapport pour étayer sa défense comme cela lui était demandé, et que cela revenait à se désister. M. Ruaro, qui a jugé « incroyable » cette décision, a dit à l’AFP envisager de faire appel, sans avoir pris de décision définitive à ce stade.

« C’est trop facile: un courrier arrive, pour peu que ce soit un élu d’opposition dont on veut se débarrasser, c’est imparable », dénonce celui qui a voulu, sans succès, obtenir le statut de lanceur d’alerte pour l’aider dans ses démarches en justice. À l’audience en juin, l’avocat de la commune, Jean Erkel, avait accusé l’ingénieur d’avoir mené « un combat personnel contre la municipalité ». À l’élection de 2026, Julien Ruaro ne s’est représenté sur aucune des trois listes candidates dans le village. La maire sortante, qui conduisait une liste, a elle été battue.

Avec AFP

Jonathan Vaucher
Jonathan Vaucher
Chef d'édition numérique. Référent politique. Présentateur de Moselle Info Week-End.

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