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« C’est une belle avancée » : l’ADMD salue un pas décisif vers la loi sur la fin de vie

L’Assemblée nationale a adopté ce mardi, la proposition de loi créant un droit à l’aide à mourir. Une belle avancée pour l’association ADMD.

Au lendemain du vote des députés sur la loi « fin de vie », Véronique Mathieu est soulagée. « C’est une belle avancée », dit-elle avec le sourire. Cette ancienne eurodéputée est, depuis quatre ans, déléguée régionale dans le Grand Est de l’ADMD (Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité). Elle milite, auprès des plus de 82 000 adhérents sur le territoire national, pour une loi visant à légaliser l’euthanasie et le suicide assisté. Et dans peu de temps, ce combat pourra peut être enfin être gagné.

« C’est sur le bon chemin »

Ce mardi 30 juin, les députés ont adopté, pour la troisième fois en deux ans, la proposition de loi créant un droit à l’aide à mourir. Le texte, qui légalise sous conditions strictes l’euthanasie et le suicide assisté, a été approuvé par 295 voix contre 232. La réforme, promesse phare du second quinquennat d’Emmanuel Macron, vise à instaurer un droit à l’aide à mourir pour des patients majeurs atteints d’une infection grave et incurable, dans un cadre strictement encadré par la loi.

Le texte a dû repasser trois fois devant l’hémicycle, en raison du rejet systématique du Sénat et de l’échec des discussions en commission mixte paritaire. Mais cette fois, c’est peut être la bonne. Les députés ayant voté en faveur du texte, ce dernier part désormais au Sénat, qui devrait le rejeter. Mais le dernier mot sera redonné aux députés de l’Assemblée nationale le 15 juillet prochain. S’ils votent favorablement à cette date, la loi sera définitivement adoptée. « C’est sur le bon chemin », se réjouit Véronique Mathieu.

Une réforme attendue depuis des décennies

Pour Véronique Mathieu, le vote des députés s’inscrit dans une longue histoire : « La première fois que cette loi a été proposé, c’était le sénateur Henri Caillavet en 1978. Tout le monde attend ça depuis très longtemps », relate Véronique Mathieu.

Depuis l’adoption du texte par les députés, les retours sont nombreux selon la déléguée régionale. « J’ai reçu beaucoup de coups de téléphone de militants et d’adhérents. Ils sont vraiment très contents. On a beaucoup travaillé ensemble pour parvenir à ces résultats. »

Un « nouveau droit »

« C’est un nouveau droit qui est créé pour les Français », relate Véronique Mathieu. Elle compare cette évolution à d’autres grandes réformes sociétales : « Comme Simone Veil à l’époque avait créé ce nouveau droit pour les Françaises… ou le mariage pour tous. C’est un nouveau droit pour ces personnes qui pourront avoir le choix. »

« Des Français qui sont en très grande souffrance, des souffrances qu’on ne peut pas supprimer, et qui sont en fin de vie avec une maladie incurable… s’ils veulent en terminer rapidement, ils peuvent demander à un médecin, dans des conditions bien précises, d’abréger leur souffrance. » Un droit à l’aide à mourir, qui respecterait des règles strictes.

Soins palliatifs et inquiétudes

En Moselle, certains députés n’ont pas voté favorablement à cette proposition de loi. Parmi eux, Alexandre Loubet, député Rassemblement national de la 7e circonscription de la Moselle. Sur un post Facebook, il dénonce « Quand on n’a pas le choix d’être soigné, mourir n’est pas une liberté : alors que près de la moitié des Français dans le besoin n’ont actuellement pas accès aux soins palliatifs, le rôle de l’Etat est de développer massivement ces soins d’accompagnement en fin de vie, pour donner à chacun la possibilité d’être soigné plutôt que d’être contraint à choisir l’euthanasie. »

232 députés ont choisi de voter contre ce texte. Et l’exemple des soins palliatifs, Véronique Mathieu le comprend. « Je suis d’accord sur une partie de ces discours. Les soins palliatifs, on aurait pu mieux les déployer sur le territoire, leur donner plus de moyens, en particulier pour les enfants. Mais les soins palliatifs, ça ne résout pas tout : dans une maladie de Charcot, un cancer du pancréas ou d’autres pathologies. »

« On renforcera l’accompagnement après le vote »

Si la loi est adoptée définitivement, l’ADMD ne compte pas réduire son action, mais la transformer. « On a beaucoup milité aussi pour les soins palliatifs, pour l’accompagnement, pour la solidarité. Ce rôle est moins connu par le grand public. Si la loi passe, on axera sur l’accompagnement et la solidarité auprès des adhérents, mais on veillera aussi à ce que les patients qui demandent une aide active à mourir soient bien entendus par les médecins. »

Retrouvez toute l’actualité du territoire du lundi au vendredi à partir de 18 heures dans l’émission Moselle Info, et rendez-vous sur le site moselle.tv pour visionner nos reportages en replay.

Marie Vin
Marie Vin
Journaliste Reporter d'Images

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