spot_img
spot_img

Préparer la révolution en se servant des municipales : pourquoi Lutte ouvrière a déposé des listes en Moselle

Lutte ouvrière s’est construit sur l’espoir d’une révolution du prolétariat qui renverserait la bourgeoisie. En Moselle, déposer des listes aux élections municipales est un premier pas vers le grand soir.

Comme ses camarades de Lutte ouvrière, Mario Rinaldi est communiste, révolutionnaire et internationaliste. Candidat à la mairie de Metz, il souhaite faire gagner ses idées trotskistes. Mais quel est l’intérêt d’un scrutin local pour mettre fin au capitalisme et à la guerre ?

« Notre programme, il est simple, c’est : travailleurs de tous les pays, unissons-nous », scande la tête de liste de Lutte ouvrière à Metz, « les problèmes vitaux pour l’humanité, les problèmes vitaux pour les travailleurs, les salaires, trouver un emploi, le chômage, la misère… tout ça ne se réglera pas à l’échelle de la municipalité, tout le monde le sait. »

Espérer la révolution à travers les municipales de Moselle

Alors pourquoi se présenter à une élection à laquelle on ne croit pas ? « Être révolutionnaire ne veut pas dire attendre le grand soir les bras croisés », déclarait la porte-parole de Lutte ouvrière Nathalie Arthaud, en 2017. Alors en attendant, il s’agit de mener un travail d’agitation révolutionnaire.

« Les travailleurs doivent se saisir de ces élections municipales afin de faire valoir leurs intérêts de classe sociale, de montrer leur colère, leur dégoût, leur révolte », incite Mario Rinaldi.

Du côté de Thionville, deuxième plus grande ville de Moselle, Lutte ouvrière a également déposé une liste. Guy Maurhofer, la tête de liste, distribue des tracts en face du beffroi. Il croise un jeune Thionvillois et lui explique le programme : « Nous, on est pour changer la société parce que la société s’enfonce dans la crise, dans la guerre. […] Moi, ce que je veux, c’est changer le monde de demain. »

L’objectif principal : « construire une organisation révolutionnaire »

Menée par Arlette Laguiller, Lutte ouvrière avait culminé à 5,72 % des suffrages, lors des élections présidentielles de 2002. Descendus en dessous d’un pourcent en 2012, les trotskistes espèrent-ils vraiment gagner ce scrutin ?

« Bien sûr qu’on est minoritaire, bien sûr qu’on ne va pas gagner la mairie de Thionville, ça je veux dire, on ne va pas se le cacher », répond Guy Maurhofer, « mais l’important, c’est de construire, à Thionville comme ailleurs, une organisation révolutionnaire, de permettre aux gens justement de se regrouper, y compris bien après les élections municipales ».

Se servir du scrutin municipal comme tribune pour porter haut les intérêts des travailleurs, mais surtout, miser sur le long terme en espérant le réveil d’une conscience de classe.

Florent Arnold
Florent Arnoldhttp://www.moselle.tv
Journaliste Reporter d'Images
spot_img

plus de contenus du même auteur

spot_img

Nos derniers reportages