Le conseil municipal a voté la clôture du budget de Metz en 2025, qui termine dans le positif à plus de 3,4 millions d’euros.
Plus de 3,4 millions d’euros dans les caisses de la ville de Metz. Lors du conseil municipal de ce jeudi 4 juin, le rapporteur Emmanuel Lebeau a présenté le compte financier unique de clôture pour l’année 2025. « Ce budget confirme à la fois la solidité financière de la collectivité et la capacité à poursuivre les investissements engagés (…) malgré un contexte national marqué par de fortes tensions sur les finances locales ».
Au budget principal de financement, la ville a terminé avec un solde positif de 21,8 millions d’euros, établissant ainsi le résultat cumulé (avec le résultat antérieur reporté, RAR) à 22,6 millions d’euros. « Les recettes réelles de fonctionnement ont atteint 202,4 M€, enregistrant une hausse de plus de 2,4 millions par rapport à 2024 », constate le rapport. « Cette évolution s’explique notamment par la progression de certaines dotations de l’Etat, des subventions perçues ainsi que de certaines recettes tarifaires » (hausse des DMTO, assurances après les émeutes…).
Des réalisations et des investissements
Résultat négatif de son côté pour la section d’investissement, avec -4 millions de résultats en 2025 et -13,5 millions en prenant le RAR. Un résultat dû aux travaux batimentaires, notamment des opérations de gros entretien, de remise en état et d’amélioration énergétique : centre social et nouvelle mairie de quartier de Borny, rénovations de plusieurs écoles, végétalisation des cours ou reconstruction de la médiathèque de Borny.
Sur l’ensemble des deux sections, c’est donc un résultat de clôture positif à 9,09 millions d’euros qui est présenté par le rapporteur. En comptant le reste à réaliser 2025 sur 2026, le résultat de clôture net est donc de 3 456 464 euros. L’épargne brute de la ville, soit sa capacité d’autofinancement, est désormais de 32,9 millions d’euros, soit 15% de plus qu’en 2024. « Cela traduit une gestion rigoureuse (…) et les fondamentaux de la ville demeurent robustes », commente Emmanuel Lebeau. L’encours de la dette est en hausse de 5% à 132 millions, soit 1051 euros par habitant. « Un chiffre largement inférieur au seuil généralement considéré comme préoccupant ».
Réaction des élus
« C’est une réalité simple : la ville de Metz est bien gérée dans un contexte national d’inflation, de hausse des charges et des coûts de l’énergie. Ce n’est pas le fruit du hasard (…) C’est la traduction concrète des choix politiques depuis 2020 », commente Nathalie Colin-Oesterlé, conseillère municipale de la majorité qui demande à ne pas se reposer sur ses lauriers en 2026. « On pourrait s’arrêter à la dette qui progresse… mais elle est maitrisée : dans une ville, on n’emprunte pas pour rembourser mais pour investir ». La député centriste demande ainsi à continuer les investissements (69 millions en 2025) dans la rénovation énergétique, le déploiement de la protection ou la qualité de vie. « Nous investissons là où les habitants voient concrètement l’action municipale ».
Anne Stemart a elle souligné elle le projet important mené sur la petite enfance en 2025 : rénovation énergétique, mise en accessibilité, rénovation ou gratuité des fournitures scolaires. « Un choix de responsabilité », dit-elle. Bertrand Mertz, le chef de file du PS, a lui indiqué ne pas commenter « une photographie du budget », et ne pas vouloir relancer un débat déjà tenu lors du débat d’orientation budgétaire et du vote du budget. « Mais à l’occasion du prochain budget, il faudrait un vrai débat où on pourra s’écouter les uns et les autres, sur ce que nous pouvons faire ensemble pour accompagner nos citoyens les plus en difficultés dont les plus jeunes ». Julien Husson confirme de son côté une redite de certaines débats mais y voit surtout « un moyen de mesurer les résultats sur la stratégie » et demande « de reconnaître le travail accompli », désignant le groupe d’opposition.
« Les membres de notre groupe voteront contre ce compte financier, reflet d’une politique antisociale ignorant la pauvreté de la ville », explique de son côté Jean-François Secondé, conseiller municipal de l’union de la gauche et des écologistes. « On notera en particulier un résultat qui repose en partie sur une ponction toujours plus importante des dividendes de l’UEM, des indemnités d’assurance et des ventes de patrimoine, bref des ressources non pérennes ». Il regrette aussi qu’il faille « faire contribuer de plus en plus les usagers des services publics » avec des politiques tarifaires du périscolaire ou des piscines en hausse. « On a versé 4,9 millions au CCAS, lui rétorque Emmanuel Lebeau. En 2025, c’est +12% au sport, +18% à la petite enfance, +25% au contrat de ville, on ne baisse pas notre aide aux associations ». « Chaque euro dépensé doit être bien réfléchi, et nous ne ferons jamais croire aux citoyens que le tout gratuit est possible », répond l’adjointe Rachel Burgy. Le groupe du RN s’abstient sur le vote, « prenant acte » de ce résultat passé.




