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Le Parlement européen valide les NGT, de quoi s’agit-il et quels seront les impacts pour le monde agricole ?

Le Parlement européen a validé l’introduction des nouvelles techniques génomiques (NGT) de catégorie 1. Présentées comme un outil pour rendre les cultures plus résistantes face au changement climatique et renforcer la compétitivité agricole européenne, elles suscitent aussi des inquiétudes chez certains défenseurs de l’environnement.

C’est une petite révolution pour le monde agricole. Ce mercredi, le Parlement européen a approuvé l’introduction des nouvelles techniques génomiques de catégorie 1, dites NGT. Elles permettent de modifier, d’insérer ou de désactiver certains gènes d’une plante afin de la rendre plus résistante.

Prenons l’exemple du blé. Une variété cultivée en France peut être vulnérable à une maladie, alors qu’une autre variété de blé, ailleurs dans le monde, y résiste naturellement. Grâce aux NGT, les scientifiques pourront reproduire cette caractéristique génétique pour renforcer la résistance de la plante.

« C’est de la sélection naturelle ou de la sélection assistée par l’homme que l’on va grandement accélérer grâce à des procédés et à une technologie avancée. » selon Fabrice Couturier, président de la FRSEA Grand Est.

L’objectif principal est de permettre aux cultures de mieux s’adapter aux changements climatiques en les rendant plus résistantes à la sécheresse, aux maladies ou encore aux ravageurs. Les défenseurs du texte y voient également un moyen de renforcer la souveraineté alimentaire européenne face à la concurrence des grands producteurs mondiaux.

Pour Fabrice Couturier, l’Europe accuse aujourd’hui un retard technologique face à certains de ses concurrents. « Les concurrents sont féroces parce qu’ils ont accès à des technologies que nous n’avons pas, parce qu’ils sont moins-disants en matière de protection sociale et environnementale, et qui inondent nos marchés avec des produits souvent bas de gamme qui ne respectent pas nos normes. »

NGT : révolution agricole ou pari risqué ?

À l’inverse, certaines organisations alertent sur de possibles risques pour la santé et l’environnement. Pour Raynald Rigolot, co-président de Lorraine Nature Environnement, le manque de recul scientifique justifie la prudence.« La décision a été prise par des politiques qui n’ont absolument aucun recul par rapport à ça, au détriment d’une certaine partie du monde paysan, notamment les petits paysans et, entre autres, tous ceux qui œuvrent pour le bio, voire le bien-être humain dans le cadre de la production alimentaire. »

En Moselle, la Chambre d’agriculture prend acte de cette décision européenne. Estelle Pochat, vice-présidente de la Chambre d’agriculture de Moselle, explique que des expérimentations seront nécessaires avant toute recommandation aux exploitants. « On va faire des tests en plein champ pour voir si elles sont opportunes, si économiquement c’est intéressant, et en fonction de cela, nous adapterons notre conseil aux agriculteurs sur les années à venir. »

Autre point de contestation : la traçabilité. Les produits issus de ces nouvelles techniques pourraient ne pas être identifiés sur les étiquettes destinées aux consommateurs. Une nouvelle étape pour l’agriculture européenne dont le cadre réglementaire pourrait entrer en vigueur au printemps 2028.

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Mattéo Philipp
Mattéo Philipp
Journaliste Reporter d'images

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