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Trump menace les vins et champagnes français de droits de douane à 100 % : quelles conséquences pour la Moselle ?

Menacé par Donald Trump de droits de douane à 100 % sur les vins et champagnes français, Emmanuel Macron refuse de céder sur la taxe visant les géants américains du numérique. Un conflit commercial qui inquiète la filière viticole. Qu’en est-il de la Moselle ?

C’est une nouvelle épreuve de force entre les États-Unis et la France. Ce lundi, en marge du G7 organisé à Évian, le président Donald Trump a menacé la France d’imposer 100 % de droits de douane sur les vins et les champagnes français. En cause : la taxe visant les géants technologiques américains. La Maison Blanche réclame à Emmanuel Macron de la supprimer. « Je lui ai demandé de ne pas taxer les entreprises américaines. […] Il suffit de supprimer cette taxe sur les ventes, et il n’aurait pas ce genre de pression », a notamment déclaré Donald Trump au New York Post. Une sortie à laquelle son homologue français a rétorqué sur TF1 : « Ce n’est pas les États-Unis qui décident pour le droit des Européens, ni des Français. »

Derrière ces tensions commerciales, ce sont surtout les viticulteurs français qui pourraient en pâtir. La France est l’un des principaux fournisseurs des États-Unis en vins et spiritueux. Mais depuis l’année dernière, les ventes de boissons alcoolisées françaises y ont reculé de 21 %.

La Moselle peu touchée ?

Pour autant, ces menaces auraient un impact moindre en Moselle. « Ça, c’est une commande spéciale pour un mariage ce week-end. Ils ont choisi du pinot gris », raconte Claude, en rangeant un carton de bouteilles. Viticulteur à Contz-les-Bains depuis 2006, il vend généralement entre 30 000 et 40 000 bouteilles par an. Plus de la moitié de son chiffre d’affaires est réalisée en vente directe.

Sur ses 7 hectares de production, les ventes vers les États-Unis restent exceptionnelles. « C’est une fois tous les tremblements de terre », dit-il en rigolant, « car nous restons une petite exploitation. » lui qui réalise surtout ses ventes autour de la région, et quelques fois en Asie.

Une situation sensiblement similaire pour la majorité des vignerons mosellans. Malgré tout, ce contexte de tension et ces menaces de taxation sont mal vécus par les professionnels, qui disent se retrouver pris en otage. « C’est vrai qu’on ne sait pas comment cela va se passer. Tout le monde a ses impressions, mais personne n’a de certitudes… C’est un contexte assez particulier », raconte Claude Sontag. Le viticulteur concède : « Sur les grosses exploitations, c’est déjà difficile. Et pour les plus petites, c’est encore moins évident… »

Une instabilité qui s’ajoute à d’autres difficultés pesant déjà sur la profession. « Nos vignerons ont déjà assez de défis à relever : le changement climatique, la concurrence internationale, l’évolution des modes de consommation. Ils ont besoin de stabilité, de visibilité et de respect », écrit Franck Leroy, président de la région Grand Est, dans un communiqué. Celui-ci préfère mettre en avant la qualité des productions locales : « Au fond, ce ne sont pas les vignerons français que Donald Trump punit. Ce sont d’abord les consommateurs américains ! »

De son côté, le Parlement européen a approuvé ce mardi un texte supprimant les droits de douane appliqués dans l’Union européenne à la plupart des produits industriels et agricoles en provenance des États-Unis.

Toute l’actualité du département de la Moselle à suivre en direct sur Moselle TV du lundi au vendredi à partir de 18H00.

Mattéo Philipp
Mattéo Philipp
Journaliste Reporter d'images

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