Des photos publiées par la ville de Saint-Avold, qui montrent le maire Hervé Simon dans une jeep avec un drapeau jugé raciste, ne passent pas.
Cela devait être une belle journée ensoleillée pour Hervé Simon, le maire RN de Saint-Avold. Mais depuis deux jours, il est sous le feu des critiques sur les réseaux sociaux. En cause, des photos publiées par la ville de Saint-Avold à l’occasion de la célébration de l’Indépendance Day, le jour de l’indépendance aux USA, le 4 juillet dernier. Pour les 250 ans de cette date historique pour la nation américaine, plusieurs événements ont eu lieu dans la ville de Moselle. « Aujourd’hui, le défilé et la cérémonie à la stèle Lafayette ont permis de rendre hommage aux liens historiques qui unissent la France et les États-Unis, tout en célébrant les valeurs de liberté, de mémoire et d’amitié entre nos deux villes » explique la ville.
Sur deux images, on peut notamment voir le maire, écharpe tricolore autour du cou, à bord d’une jeep militaire d’un bénévole collectionneur, arborant à l’arrière le drapeau des États Confédérés d’Amérique. Principal opposant de la campagne, le militant de gauche Christian Porta a lui dénoncé l’attitude « normale » du maire, qui « parade dans notre ville à bord d’une jeep arborant fièrement le drapeau confédéré, symbole des esclavagistes américains et aujourd’hui encore repris par les suprémacistes blancs. Après s’être attaqué à la CGT, aux associations comme ATMF (Travailleurs Maghrébins de France) ou encore au Secours populaire, voilà une nouvelle banalisation d’un symbole chargé d’une histoire de racisme et d’oppression ».
Rien de politique, pour l’association
La drapeau sudiste est considéré comme un symbole ségrégationniste, repris par la mouvance suprémaciste blanche. Baptisé « Dixie Flag », il a été utilisé par les forces armées pendant la guerre de Sécession de 1861 à la chute de la Confédération en 1865. Pour les antiracistes et une partie des populations afro-américaines, il symbolise encore aujourd’hui l’esclavage et le racisme des États sudistes. Mais aussi un pan de l’histoire américaine. « Ce drapeau n’avait rien à faire ce jour-là mais pour d’autres événements, le propriétaire du véhicule l’installe parfois sur l’antenne radio. Ensuite le véhicule est remisé et puis on oublie de le retirer. Comme il peut le faire avec le drapeau à 48 étoiles, celui à 50… Il n’y avait rien de politique, c’était juste par mégarde », confirme Michel Voitelet, président de l’Association pour le Souvenir des Armées Françaises et Alliées auprès de Moselle TV.
Constatant l’erreur quelques centaines de mètres après le départ, « nous avons vite retiré le drapeau, comme on peut le voir ensuite sur les photos. Il y a beaucoup de choses à penser, et des fois on part avec les véhicules à la hâte et on oublie de se poser les bonnes questions ». Contacté par Moselle TV, le maire de Saint-Avold exprime son indignation face à une « instrumentalisation politique uniquement pour me nuire. Je condamne tout forme de racisme et de discrimination, elles ne sont pas du côté du RN mais de l’extrême-gauche à l’origine de ces polémiques inutiles », dit-il tout en confirmant que s’il avait vu le drapeau « il ne serait jamais monté à bord ».

Photos © Saint-Avold



