Un dispositif innovant, développé en Moselle, permet d’étudier l’impact de la qualité de l’air et de la lumière dans les environnements de travail et donc sur la santé des salariés.
Chaque jour, des millions de salariés travaillent dans des bureaux pensés pour la performance et l’ergonomie, mais rarement pour la qualité de l’air ou de la lumière. Un paradoxe que souhaite corriger un consortium scientifique soutenu par le Fonds de dotation Mercy, en partenariat avec des établissements de recherche comme Georgia Tech et l’Institut Lafayette. « On respire 95 % du temps à l’intérieur d’un bâtiment », rappelle Simon Gautier, à l’origine du projet, soulignant un angle longtemps négligé par la recherche. Pourtant, la qualité de l’air intérieur reste peu standardisée et encore insuffisamment prise en compte dans les entreprises.
Pour y remédier, les chercheurs ont conçu un “bureau témoin” équipé d’une vingtaine de capteurs. Vide mais aménagé comme un espace de travail classique, ce dispositif permet de simuler différentes conditions environnementales. « On va appliquer une série de stimuli pour analyser le comportement de la pièce à l’introduction d’un polluant », explique Simon Gautier.
Un laboratoire pour améliorer l’air et la lumière dans nos bureaux et notre santé !
Les données recueillies servent ensuite à modéliser et améliorer les systèmes de ventilation. L’objectif est d’ajuster les flux d’air, entre air extérieur et recyclage, tout en tenant compte de la consommation énergétique.
Mais le projet ne s’arrête pas à l’air. La lumière fait désormais partie des paramètres étudiés. « La plupart des sources artificielles ne reproduisent pas exactement le spectre solaire », précise le chercheur, qui travaille sur des systèmes LED capables de recréer des ambiances lumineuses personnalisées, allant jusqu’à simuler une lumière “californienne”.
Au-delà du confort, les enjeux sont aussi sanitaires. Ces paramètres peuvent influencer la santé globale et même certaines maladies professionnelles. Le dispositif intègre également des perspectives d’intelligence artificielle afin d’analyser le bien-être au travail et d’anticiper d’éventuels malaises. Le banc d’essai est aujourd’hui pleinement opérationnel et pourrait prochainement être transféré vers l’industrie. Une étape clé est en réflexion avec l’incubateur The Pool afin de transformer cette innovation en solution concrète pour les entreprises.
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