Ce lundi midi, plusieurs rassemblements se sont tenus devant les mairies de Moselle, notamment à Metz, Woippy, Thionville et Forbach. Les élus et les habitants ont tenu à exprimer leur soutien aux maires et à dénoncer les violences survenues ce week-end. À Metz, près de 200 personnes se sont réunies.
De Metz à Forbach, en passant par Woippy et Thionville, les rassemblements se sont multipliés devant les mairies ce lundi midi. Dans la capitale mosellane, près de 200 personnes ont répondu à l’appel pour témoigner de leur solidarité après les violences du week-end.
Si Metz a été relativement épargnée, les événements survenus dans d’autres villes françaises ont marqué les esprits. Le maire de Metz, François Grosdidier, est revenu sur les incidents survenus aux abords de l’hôtel de ville.
« Nous avons évité le pire par une réaction parfaitement adaptée des forces de police. Ils ont été évacués comme il le fallait. Ce n’est pas acceptable que des manifestants se rapprochent de la mairie pendant que celle de Limoges brûlait », a-t-il déclaré.
Pour les habitants présents, ces violences dépassent les seuls dégâts matériels. Elles visent aussi des lieux qui incarnent les institutions et les services publics. « C’était important de faire savoir qu’on soutient les maires, parce que les bâtiments publics, c’est la République, c’est notre pays, c’est la France. Donc, qu’on s’attaque aussi à tout ce que représente la France, ce n’est pas normal », témoigne une habitante de Metz.
À Thionville, un habitant insiste également sur la valeur collective de ces bâtiments : « C’est le patrimoine des Français qui n’ont pas de patrimoine. C’est pour ça que c’est important de le préserver, d’en prendre soin. Il faut le chérir, que ce soit une mairie, un hôpital, une école publique. Aujourd’hui, on est citoyen, on est révolté, mais il faut peut-être qu’on arrive quand même à garder un cadre. »
Une autre Thionvilloise partage cette inquiétude : « La violence, que ce soit contre les mairies, qui sont aussi d’une certaine façon notre maison, c’est insupportable. »
Des élus vigilants face aux risques de nouveaux débordements
Si Thionville et Forbach ont été épargnées par les dégradations les plus importantes, les élus locaux restent sur leurs gardes. Alors que de nouvelles mobilisations sont annoncées dans les prochaines semaines, les communes renforcent leur coordination avec les services de l’État et les forces de sécurité.
À Forbach, le maire Alexandre Cassaro indique que les autorités anticipent de possibles débordements : « Nous sommes en lien avec les renseignements territoriaux, avec la police nationale, avec les appels de pompiers, pour faire en sorte que nos concitoyens et les différents bâtiments publics puissent être protégés en cas de manifestation ce week-end. »
À Thionville, les élus font également état de menaces relayées sur les réseaux sociaux. « Il y a des appels sur les réseaux sociaux à venir casser, piller notre ville », alerte Véronique Schmit, adjointe au maire.
Son collègue Pierre Alix souligne la mobilisation des services : « On est sans cesse en relation avec la police nationale, avec la sous-préfecture et avec tous les services de l’État pour essayer d’enrayer au plus tôt ce qui pourrait se passer. On ne peut jamais être sûr qu’on évitera un débordement, mais en tous les cas, on fait tout pour essayer d’enrayer et de canaliser les choses. »
Des dégâts matériels et des inquiétudes financières
À Woippy, les conséquences des violences restent limitées pour cette fois. Des feux de poubelles ont toutefois été signalés, laissant craindre de nouvelles dégradations dans les jours à venir.
Le maire de Woippy, Cédric Gouth, s’inquiète notamment des conséquences financières de ces événements pour les collectivités territoriales. « Je pense à la région qui va devoir injecter énormément d’argent dans les travaux, et non pas forcément dans ce qui était prévu au départ, mais également aux collectivités qui sont à la peine d’un point de vue budgétaire et qui vont devoir essayer de trouver des solutions pour, au minimum, réparer. On espère que l’État sera au rendez-vous par rapport à tout cela », explique-t-il.
Au-delà des rassemblements organisés en Moselle, plusieurs maires français réclament la création d’un fonds exceptionnel de solidarité nationale. Celui-ci serait doté de moyens à la hauteur des dégâts constatés et intégré au projet de budget pour 2027. Une demande qui traduit les préoccupations des élus, confrontés à la nécessité de réparer les bâtiments endommagés tout en préservant les finances de leurs communes.
Toute l’actualité du département de la Moselle à suivre en direct sur Moselle TV du lundi au vendredi à partir de 18H00.



