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« Créer de la mixité » : le pari de la 6e édition des Frigos à Metz

Aux Frigos de Metz, la sixième saison promet 250 événements mêlant culture, gastronomie et économie solidaire, dans un lieu autofinancé.

Six ans, six éditions, « comme un mandat de six ans », s’amuse Laurent-Guillaume Dehlinger, directeur de la compagnie Deracinemoa, lors de la conférence de presse aux côtés de nouvelles têtes pour ce projet. D’un côté, Philippe Brunella, le nouvel adjoint de la culture à Metz, et de l’autre Rachel Burgy, adjointe à Metz certes, mais surtout nouvelle présidente de la compagnie qui gère la saison culturelle des Frigos depuis six saisons. « Une programmation éclectique composée d’éléments multiples, et colorés, c’est la définition d’un projet hybride depuis 2021 : on assemble des concepts, des lieux, des mets, des personnes de toutes les couleurs », résume Brunella. Car en plus de la culture et de la gastronomie qui sont mis à l’honneur, c’est l’économie sociale et solidaire qui est portée par le projet des Frigos.

18 semaines de programmation

Du 6 mai au 6 septembre, sur 18 semaines, le lieu emblématique du patrimoine messin, ancien ouvrage militaire, rassemble 250 événements pour tous les publics. Et tous les intervenants le rappellent : « le projet est autofinancé. Ce sont les recettes des consommations des visiteurs qui nous permettent de continuer. C’est un petit miracle tous les ans » estime Rachel Burgy, adjointe à la transition écologique et depuis le début d’année, présidente de la compagnie Deracinemoa. « On dépend de la météo, de la fréquentation, de la programmation… et même si ça marche, on a quand même besoin de soutien », souligne l’élue, engagée de longue date dans l’économie solidaire. « Le but de cet événement est de créer de la mixité sans la décréter ».

Même physiquement, les Frigos représentent cette mixité : le lieu se trouve à la frontière de plusieurs quartiers, et fait le lien entre le QPV de Bellecroix et l’Outre-Seille, quartier plutôt « bobo » de Metz. « On veut y rassembler tous les publics, tout le monde y est invité », confirme Laurent-Guillaume Dehlinger.

Lieu pilote pour le zéro déchet

Le choix de sa compagnie, il y a six ans, était dirigé par « une certaine idée du service public et associatif ». Si les Frigos sont autofinancés, le directeur rappelle l’investissement de plus d’un million d’euros de la municipalité pour remettre le lieu à disposition des associations. La mission des Frigos est donc de le « rendre au public ». Chaque week-end d’événements, ce sont plus de 4000 personnes attendues et une 50ne de professionnels qui travaillent. Le tout aussi avec un objectif environnemental fort. « Ce sera un lieu pilote pour le zéro déchet ». Pour cela, la coordinatrice artistique Maryse Renker dévoile aussi des nouveautés comme des bacs de tri de biodéchets en partenariat avec la métropole.

Ils permettront de valoriser le retraitement des déchets, comme c’est déjà le cas avec la collecte du graoultri (100 kg l’an dernier) ou les consignes de verre à destination des associations chaque année. Pour cette édition, un travail a aussi été effectué sur le toit du bâtiment : les « Jardins perchés », 1500 m2 de permaculture « sur le modèle de jardins familiaux ». Rachel Burgy évoque aussi une champignonnière dans les sous-sols des Frigos. « On espère faire le jardin urbain de demain et pouvoir récolter le fruit bientôt », précise le directeur.

Près de 300 000 visiteurs en 5 ans

Les Frigos seront aussi le lieu de l’incubation et de la création. « De plus, on s’ouvre pour la première fois à de la privatisation pour les entreprises ou associations afin d’avoir plus de souplesse dans la programmation ». S’autofinancer, c’est permettre un jour d’avoir des têtes d’affiche pour les concerts et DJ sets. « Nous sommes l’une des scènes privées sans subvention les plus importantes, on accueille l’émergence, et sur les 300 DJ toute la saison, peut-être que certains vont émerger ». Enfin, la saison 6 amènera une nouvelle programmation à destination des jeunes publics, les mercredi, et un calendrier plus sportif avec des cours de danse, de self defense ou la présence des joueuses de Metz Handball, après avoir dévoilé le maillot du FC Metz l’an dernier. En 5 éditions, les Frigos ont accueilli 295 000 visiteurs pour 1123 événements.

A voir également ce mercredi soir à 18h sur Moselle TV.

Jonathan Vaucher
Jonathan Vaucher
Journaliste Reporter d'Images / Référent politique / Présentateur

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