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« À un moment donné, il y aura de la casse » : les transporteurs routiers alertent sur les prix du carburant

La hausse des prix du carburant fragilise fortement les entreprises de transport routier. La fédération nationale alerte sur les difficultés de trésorerie, l’arrivée de l’éco-contribution dans le Grand Est et le coût encore très élevé de la transition vers les véhicules électriques.

Comment la hausse des carburants vous impacte-t-elle ?

Philippe Da Soler, administrateur FNTR Grand Est et Président FNTR Moselle : « L’impact est très fort sur notre trésorerie. Nous avons environ 70 véhicules et, sur deux mois, cela représente près de 240 000 euros de trésorerie supplémentaire à avancer. Certains confrères n’ont pas ces réserves et la situation devient très compliquée. »

Est-ce que vous risquez de perdre certains clients ?

« Nous préférons ne pas rouler plutôt que de rouler en perdant de l’argent. Mais les véhicules restent alors à l’arrêt et nous devons continuer à payer les conducteurs. On connaît déjà des défaillances d’entreprises que nous n’avions jamais vues. À un moment donné, il y aura de la casse. Nous devons répercuter ces coûts à nos clients industriels, qui devront eux-mêmes les répercuter dans leurs prix. Nos marges ne permettent pas d’absorber de telles augmentations. Au final, c’est le consommateur qui sera aussi impacté. »

L’éco-contribution inquiète les transporteurs

Que pensez-vous de l’éco-contribution prévue dans le Grand Est ?

« C’est une difficulté supplémentaire. On nous parlait de 15 centimes, on évoque maintenant 22,5 centimes. Nous craignons que cette taxe pénalise les entreprises mosellanes et alsaciennes et rende le territoire moins attractif pour les industriels. »

À quelles conditions pourriez-vous l’accepter ?

« Il faudrait au minimum une réglementation permettant de répercuter ce coût sur nos clients, comme c’est le cas pour le gazole. Sinon, les transporteurs devront avancer cette dépense sans être certains de pouvoir la récupérer. »

La transition électrique reste très coûteuse

Où en est le transport routier dans sa transition écologique ?

« Les solutions électriques existent, mais elles restent très coûteuses. Un camion thermique coûte environ 110 000 euros, contre 280 000 euros pour un électrique. Pour douze véhicules, il faut aussi investir dans les bornes et un transformateur, pour environ 500 000 euros. Avec la hausse du gazole et les nouvelles taxes, la transition écologique devient beaucoup plus compliquée. »

Quel message souhaitez-vous faire passer ?

« Nous avons parfois le sentiment d’être la vache à lait. Le transport routier est indispensable à l’économie. S’il n’y a plus de camions, il n’y a plus d’industrie et plus de consommation. Mettre notre profession en péril n’est pas forcément la bonne méthode pour l’économie française. »

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Jean MILON
Jean MILON
Rédacteur en chef adjoint de MoselleTV. Présentateur de MoselleInfo.

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