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« Les spectateurs deviennent des acteurs à part entière » : Damien Fontaine présente Le Crépuscule des pierres

À Montigny-lès-Metz, Damien Fontaine, monteur en scène et compositeur, présente Le Crépuscule des pierres, un spectacle immersif et interactif à l’église Saint-Joseph. Une enquête à travers mille ans d’histoire, où les choix du public influencent le déroulement du récit.

Pouvez-vous nous expliquer ce qui va se passer à l’intérieur de l’église Saint-Joseph ?

Pour ceux qui connaissent, c’est ici qu’en 2025, nous avions déjà joué un premier spectacle immersif, Terra Mosella. En 2026, nous avons choisi de renouveler l’opération, mais cette fois-ci à travers un tout nouveau concept : Le Crépuscule des pierres. C’est un spectacle qui reprend les codes de l’immersion de l’année dernière, mais qui raconte une toute nouvelle histoire.

Sans trop dévoiler de secrets, que raconte cette histoire ? Qu’est-ce que les spectateurs vont découvrir ?

Ici, on va jouer bien plus qu’un spectacle immersif. On voit beaucoup de spectacles son et lumière fleurir dans des lieux comme des églises, des musées ou ailleurs. Mais il ne s’agit pas uniquement d’un spectacle d’images : c’est bien plus que cela, puisque c’est surtout une histoire, en l’occurrence une sorte d’enquête à suspense à travers le temps et les siècles.

Pendant plus d’une heure et demie, le public sera embarqué dans une grande enquête à travers le temps, grâce à Anne de La Tour, une descendante fictive du peintre Georges de La Tour. L’ensemble du lieu devient le support d’une immersion visuelle impressionnante.

Les figurants et les comédiens professionnels contribuent à raconter cette histoire. Quatre comédiens professionnels interagissent en direct avec le public et les figurants sur scène. Toutes ces personnes participent à cette grande énigme à travers le temps.

Le spectacle mise donc sur l’immersion visuelle, mais aussi sur l’interaction avec le public. Comment cela fonctionne-t-il concrètement ?

Ici, nous ne sommes pas uniquement dans un spectacle immersif, mais vraiment dans un spectacle interactif. Les spectateurs deviennent des acteurs à part entière. Nous leur donnons une petite tablette très simple, comme une calculatrice, avec des choix numérotés de 1 à 3. À plusieurs moments de l’histoire, ils choisissent les embranchements narratifs qu’ils souhaitent suivre.

Nous pouvons ainsi être transportés dans une époque plutôt qu’une autre : sous Louis XIV, puis au moment du siège de Metz avec Charles Quint, par exemple.

Cela signifie qu’une personne qui vient voir le spectacle un soir ne verra pas nécessairement le même que celui présenté la veille ou le lendemain. Il existe des fins alternatives et des embranchements qui permettent différentes rencontres, ou non. Les possibilités sont multiples, ce qui fait aussi toute la complexité du spectacle.

Pour ceux qui connaissent, c’est un peu comme un jeu de rôle ou un escape game. Nous avons joué avec cette pluralité de portes et de scénarios pour embarquer les spectateurs dans plusieurs types d’histoires.

Comment gérez-vous cette organisation, sachant que vous ne pouvez pas anticiper les choix du public ?

Parmi tous les choix proposés, il y en a un, essentiellement, qui nous oriente vers trois époques totalement différentes. Au moment où les spectateurs décident de l’époque vers laquelle ils veulent aller, les figurants en coulisses ne savent pas quelle porte va être ouverte.

Ils ont 20 secondes, le temps du vote, pour commencer à se préparer, puis seulement quelques secondes pour compléter leurs costumes et se positionner dans la bonne scène.

Allons-nous nous retrouver en 1790, au moment de la Révolution, ou sous les ors de Versailles, en 1772 ?

D’où vous est venue l’idée de ce spectacle à scénarios multiples ? Aviez-vous déjà expérimenté ce principe auparavant ?

J’ai toujours été passionné par l’écriture et les choix multiples. Je trouvais intéressant de donner encore plus la parole au public et de lui permettre d’interagir.

Mon expérience personnelle m’a donné envie de prendre cette nouvelle direction. Il y a aussi eu l’annonce de la venue du pape Léon XIV à Metz. J’ai commencé à réfléchir à l’éventualité d’un spectacle et je me suis rendu compte qu’il y avait une première coïncidence intéressante : un autre pape était venu mille ans auparavant, Léon IX. Je me suis dit qu’entre ces deux papes, séparés par un millénaire, il y avait matière à créer une énigme.

Pour construire cette énigme et permettre au public d’interagir réellement, nous avons imaginé de lui remettre une tablette. Elle permet non seulement de faire des choix, mais aussi de modifier le mapping vidéo. Vous pouvez être dans une scène et, l’instant d’après, vous retrouver sous Louis XIV ou au moment du siège de Metz. C’est finalement toute une séquence, d’une durée de près d’une demi-heure, qui peut changer radicalement et qui est véritablement laissée entre les mains du public.

Combien de personnes et de moyens techniques sont mobilisés pour ce spectacle ?

Pour créer cette immersion visuelle, nous avons 25 vidéoprojecteurs qui couvrent l’ensemble du site. Nous disposons également d’environ 300 projecteurs lumineux, pour éclairer les intervenants et le lieu.

Il y a entre 80 et 100 figurants chaque soir, auxquels s’ajoutent toutes les personnes en coulisses qui s’occupent notamment de l’accueil et de la cuisine. Il faut aussi restaurer les figurants, qui assurent deux représentations et n’ont qu’une quinzaine de minutes de pause entre les deux.

Plusieurs professionnels travaillent également à la technique et sur le plateau. Quatre comédiens professionnels sont présents chaque soir, avec un système de relais, soit au total, huit comédiens qui assurent l’ensemble des représentations.

Peut-on considérer Le Crépuscule des pierres comme une deuxième édition de Terra Mosella ?

Oui, c’est une sorte de Terra Mosella 2.0. La première édition nous a permis d’explorer une partie de l’histoire. Celle-ci nous invite à explorer mille ans d’histoire, ce qui est très intéressant. Et c’est aussi une version 2.0 grâce à sa dimension interactive.

(Crédit photo : Mattéo Philipp)

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Mattéo Philipp
Mattéo Philipp
Journaliste Reporter d'images

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