En début d’après-midi, des manifestants se sont regroupés à Metz pour protester contre la loi sur la présomption de légitime défense des forces de l’ordre.
Début juillet, une proposition de loi visant à instaurer une présomption d’usage légitime des armes à feu par les forces de l’ordre a été adoptée par les députés, par 313 voix contre 199. Pour rappel, en France, les policiers doivent se trouver en situation de légitime défense pour pouvoir faire usage de leur arme. Le texte instaure une « présomption d’usage légitime » de leurs armes dans les cinq cas autorisés par le droit actuel, notamment lorsque leur vie est menacée ou en cas de périple meurtrier. Avec cette disposition, ce n’est plus à l’agent de démontrer que son tir était justifié, mais à la partie qui le conteste de prouver que les conditions légales n’étaient pas remplies.
La loi prévoit notamment cette possibilité en cas d’atteinte ou de menace armée contre leur vie ou leur intégrité physique, après deux sommations dans certaines situations, en cas de refus d’obtempérer lorsque les occupants du véhicule représentent une menace, ou encore pour empêcher de nouveaux meurtres dans le cadre d’un périple meurtrier.
À Metz, des manifestants opposés au texte
Pour les manifestants présents à Metz, cette évolution pose notamment la question de la responsabilité en cas d’usage des armes. Marie-Jeanne Becht, retraitée, estime ainsi que « ce n’est pas normal que ce soit à la victime de prouver ». De son côté, Barbara Bernardi, militante à La France insoumise, considère que « c’est une loi qui met un blanc-seing au tir de la police ». Une position également contestée « au nom du respect de l’État de droit ». Dominique Valson, militante à la Libre-pensée, rappelle que « La police n’est pas au-dessus des lois. » Pour Eliott, étudiant, la mobilisation doit se poursuivre : « On pense qu’il faut continuer jusqu’à ce que cette loi soit retirée. »
Cette mobilisation intervient alors que les policiers expriment également leurs propres revendications concernant leurs conditions de travail, leur rémunération et les risques liés à leur profession. Mardi 15 septembre, une centaine de policiers ont manifesté devant l’hôtel de police de la ville de Metz. À Paris, près de 10 000 policiers (selon les organisateurs) ont manifesté dont David Ghisléri, du syndicat Alliance Police 57, estime ainsi : « Le métier est de plus en plus dangereux et on a l’impression que nos dirigeants ne nous considèrent pas. »
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