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Lycées : La Région ne se sent « pas du tout » soutenue par l’État

Le président de la région Grand Est, Franck Leroy, est revenu sur l’actualité autour des lycées, et des mobilisations des élèves. Après plusieurs semaines de manifestation, place au dialogue… et à la facture.

Après plusieurs semaines de mobilisation lycéenne, le gouvernement appelle à un temps de dialogue… En France, une demi-journée de cours est banalisée au sein des établissements pour accueillir ces échanges. Franck Leroy, président de la région Grand Est, s’était notamment rendu à Forbach pour discuter avec les élèves. « L’État a commencé à leur apporter des réponses manifestement insuffisantes, mais c’est en discutant, et le gouvernement doit s’impliquer dans cette discussion, qu’on arrive finalement à prendre des engagements, à respecter ces engagements et à recréer la confiance, là où la confiance n’existe plus. Je ne vois pas d’autre issue qu’une issue par le dialogue. »

Dans les sujets développés avec les lycéens figure la vétusté de certains lieux. « C’est injuste. Des chantiers sont en cours à hauteur de 249 millions d’euros. » À propos des fortes chaleurs au sein des établissements, l’installation de climatisations n’aurait « aucun sens », car cela représenterait plus d’un milliard d’euros « pour seulement une douzaine de jours de cours », puisque « en juillet et août, les locaux sont vides » lors des grosses chaleurs.

Concernant le « malaise des lycéens », il les comprend, car « il y a une difficulté à se projeter dans l’avenir ». Pour Franck Leroy, il y a un manque de structures et de dialogue : « Il n’y a aucune instance pour parler de ce malaise, sachant qu’il y a des jeunesses. Je peux comprendre que la jeunesse ne se sente pas représentée. » L’ancien maire d’Épernay décrit la démocratie comme « malade », car « les instances de dialogue ne sont pas opérantes ».

Des dégâts estimés entre 2 et 5 millions d’euros

Franck Leroy s’est satisfait d’avoir pu échanger dans le respect et sans violence. En effet, ce qu’il regrette en premier lieu, ce sont les dégâts causés lors des mobilisations et « l’arrivée de casseurs », car « les jeunes ont été dépossédés de leur mouvement ». De plus, le président de la Région, membre du groupe de la majorité régionale – Les Républicains, Centristes et Indépendants, « regrette que des mouvements politiques instrumentalisent ce mouvement ».

Concernant les dégradations, leur coût est estimé entre 2 et 5 millions d’euros. « On est en train de faire faire des devis, c’est compliqué parfois. Quand c’est une fenêtre, on sait vite faire un devis. Quand c’est un système électrique qui a été endommagé, quand ce sont des installations de sécurité qui ont été endommagées, ça peut coûter beaucoup plus cher. On a à peu près 80 lycées qui ont été touchés. »

Pour les remboursements, les assurances « ne paieront à mon avis pas, parce qu’elles vont se réfugier derrière les clauses, qui considèrent qu’à partir du moment où une atteinte à un bâtiment résulte d’une forme d’émeute urbaine, je ne sais pas si le terme est propre, mais en tout cas, elles exonéreront leur responsabilité, se retournant vers l’État, qui ne paiera pas à mon avis, sauf s’il nous annonce une bonne nouvelle ».

En attendant, « on poursuit les auteurs des faits lorsqu’ils sont identifiés. Certains ont déjà été condamnés, d’autres le seront. On a à peu près 47 plaintes qui sont en cours aujourd’hui, et d’autres viendront ».

Franck Leroy déplore le manque de soutien de l’État

Face à cette crise, lorsqu’on lui demande s’il se sent suffisamment soutenu par l’État, il répond : « Pas du tout. » et développe : « Le gouvernement ne nous entend pas pour l’instant. J’en veux pour preuve qu’aujourd’hui, il propose dans le projet de loi de finances de diminuer les recettes d’investissement qui nous permettent précisément d’investir dans les lycées. Quand on baisse le fonds de compensation de la TVA, on prive les régions d’un moyen d’investir dans les lycées notamment, mais pas seulement dans les lycées. »

Franck Leroy se dit dans l’« incompréhension », car « l’État ne peut pas nous dire qu’il faut investir dans les lycées pour apporter plus de bien-être et plus de confort aux enseignants comme aux lycéens, et en même temps, nous sanctionner quand on le fait. Donc, il y a des incohérences au gouvernement. Il est temps que le gouvernement fasse évoluer sa copie sur ce point. »

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Mattéo Philipp
Mattéo Philipp
Journaliste Reporter d'images

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